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« l'Union européenne est en danger »
La Chancelière Angela Merkel a fait dimanche, dans un entretien accordé à la Frankfuter Allgemeine Zeitung, un pas timide vers Emmanuel Macron, en exposant ses projets pour l'UE. Le Handelsblatt rapporte cependant que « pour la France, ça ne suffit pas ». Le Spiegel évoque la « déception » de Paris.
En Allemagne, la Chancelière a cependant dû défendre ses plans devant le Bundestag, ce mercredi. « Les députés voulaient savoir exactement comment elle se représente l'avenir financier de l'Europe », explique la FAZ. Certains craignent déjà de voir « un crédit dispo de la zone euro », avec la réforme du MES (mécanisme européen de stabilité). Olaf Scholz, ministre des Finances, a estimé cependant que « Macron a raison de vouloir trouver une solution commune ». Et s'est dit optimiste quant à la possibilité de trouver un positionnement commun.
Les économistes du DIW estiment pour leur part que « un fonds de stabilisation peut mieux sécuriser l'euro que le budget européen proposé par Macron », rapporte le Handelsblatt. C'est ce qu'affirment Marius Clemens et Matthias Klein qui ont considéré les effets d'un tel fonds, dont, au final, tous les pays pourraient profiter, avec une croissance plus importante. Ce fonds serait – grosso modo – similaire à la proposition de Christine Lagarde, en mars dernier, précise le Handelsblatt, avec une participation à hauteur de 0,35% du PIB pour les pays de la zone euro.
Dans une tribune publiée par le site Internet du Spiegel, Martin Schulz (SPD), annonce qu' « il est temps de lutter », expliquant que, selon lui, « l'Union européenne est en danger ». Il s'agit de « la survie des démocraties libérales » et non de « milliards en plus ou en moins dans les budgets », estime-t-il. « Nous sommes au milieu d'un conflit global du système et nous devons comprendre que cela va changer très prochainement notre mode de vie, si nous n'agissons pas », prévient-il. « Il s'agit, dans la situation actuelle, pas moins que de la défense des modèles de sociétés ouvertes, qui imprègnent notre continent entier. » Pour lui l'UE doit en effet faire face à de nombreuses menaces : « Avec Donald Trump, les Etats-Unis ont un Président qui se moque des valeurs de l'occident ». Mais pour Schulz, le « mon pays d'abord » ne se limite pas aux Etats-Unis, mais concerne aussi Moscou, Pékin ou encore Ankara. Sans oublier la montée du nationalisme en France, aux Pays-Bas, en Autriche ou encore en Italie. Et l'AfD en Allemagne. Martin Schulz s'inquiète ainsi pour la culture et le modèle que représente l'Europe. « Ceux qui veulent détruire aujourd'hui l'UE s'attaquent à un modèle qui nous a garanti plus de 70 ans de paix et de démocratie. » « Il est temps de lutter. »
Autre sujet qui secoue la presse allemande : l'ambassadeur américain à Berlin, Richard Grenell, est accusé d'interférer un peu trop dans les affaires intérieures. Die Linke, mais aussi Martin Schulz, réclament son départ, rapporte le Spiegel. Ses détracteurs lui reprochent son absence de neutralité politique et le soutien à la droite dure européenne. Martin Schulz n'hésitant pas à le traiter d' « officier colonial d'extrême droite ». La CDU mais aussi les démocrates américains commencent également à déplorer la situation, mais Washington le soutient.
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