Le retour de la GroKo en Allemagne ?
La GroKo (pour Grosse Koalition, grande coalition), sera-t-elle bientôt de retour en Allemagne, comme réponse à la menace d'instabilité politique qui plane sur le pays ? Si Martin Schulz, leader du SPD, le parti socio-démocrate, aux législatives de septembre, s'était prononcé vivement contre une nouvelle alliance avec l'Union (CDU-CSU), menée par Angela Merkel, la Chancelière sortante, cette combinaison semble pourtant la seule solution pour éviter un gouvernement minoritaire -et donc instable- ou de nouvelles élections. Aussi, au sein même de son parti, de plus en plus de voix se font entendre pour accepter des négociations avec la CDU. A tel point que lundi, Martin Schulz a affirmé « de ne pas exclure une collaboration avec la CDU et la CSU », rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Tout en soulignant : « nous nous rendons à des échanges sur lesquels nous ne savons rien pour le moment, notamment où ils peuvent mener. Aucune option n'est sur la table ».
Le Président Frank-Walter Steinmeier, issu du SPD et ancien ministre de Merkel, défend, lui, l'alliance entre son parti et les conservateurs. C'est dans cette optique qu'il réunira, jeudi, Angela Merkel, Horst Seehofer et Martin Schulz. Dans un édito, la Sueddeutsche Zeitung n'hésite pas à affirmer déjà qu' « avec Martin Schulz, le SPD n'a pas d'avenir », que son parti « a besoin d'une nouvelle direction ». Et qu' « Andrea Nahles serait la bonne ». Cette dernière a déjà affirmé, samedi dernier, à Sarrebruck, que son parti ne sera pas « la roue de secours » de Merkel. Plusieurs voix dans le parti prônent des négociations strictes.
Le Spiegel estime pour sa part que Sigmar Gabriel pourrait courir actuellement un « marathon ». « Le ministre des Affaires étrangères et vice-Chancelier Sigmar Gabriel était perçu dans son parti jusqu'à peu comme un homme du passé. Dans une nouvelle grande coalition, il pourrait réaliser un come-back -et avoir peut-être même un nouveau poste ? ».
Du côté de la CDU, cependant, on n'est pas prêt à accepter n'importe quoi. Horst Seehofer (CSU), refuse d'ors et déjà « le chantage » du SPD. La CDU affirme aussi que « ce ne sera pas sans conditions », rapporte le Handelsblatt. « Nous avons des représentations claires : pas de poids sur l'économie, l'innovation et la digitalisation », a déclaré le vice-président du parti, Thomas Strobl. « Si le SPD met le droit d'entrée à l'assurance sociale sur la table des négociations, alors cela n'ira naturellement pas », avertit-il. Quoi qu'il en soit, Thomas de Maizière estime que les négociations n'aboutiront pas avant janvier 2018, pariant, au mieux, sur février prochain, rapporte le Bild. Selon le représentant de la CDU, son parti doit s'afficher « conscient mais pas craintif ».
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