Veolia Environnement chahuté après la sortie du fonds qatari
Qatari Diar, la branche immobilière du fonds souverain du Qatar QIA a annoncé hier soir sa sortie du capital de Veolia Environnement, dont elle détenait jusqu'à présent pour 26,1 millions de titres. Le fonds n'a pas traîné et placé ce matin la totalité de sa participation dans le numéro un mondial des services à l'environnement, soit 4,6% du capital, à l'issue d'un placement privé auprès d'institutionnels. L'opération a permis à l'investisseur souverain de récupérer 506,8 millions d'euros, chaque titre ayant été cédé autour de 19,4 euros, soit avec une décote de 2,5% par rapport au cours de clôture hier soir.
Rappelons que le fonds souverain était entré au capital de l'entreprise en avril 2010, dans le cadre d'un partenariat stratégique avec Veolia destiné à développer des projets conjoints dans le domaine des infrastructures et des services publics. L'action Veolia cotait à l'époque près de 26 euros, et le fonds avait dû débourser 624 millions d'euros lors de l'opération, qui n'a donc pas été très fructueuse pour lui. En 2014, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire après que le fonds a été soupçonné d'avoir versé de gigantesques commissions au moment de son entrée au capital justement.
Les marchés ont en tout cas mal accueilli la nouvelle ce matin, puisque le titre affichait la plus forte baisse du CAC 40, en recul de 2,06% à la mi journée, contre une hausse de 0,44% pour l'indice phare français. Les analystes estiment que l'appui du puissant investisseur souverain était un atout pour le groupe français, pour remporter des contrats dans la région.
Le fonds souverain qatari pourrait en tout cas continuer de se désengager des entreprises européennes dans lesquelles il est investi, après avoir entamé une politique d'investissement davantage centrée sur le soutien à l'économie interne de l'émirat. En août dernier, le fonds avait ainsi réduit sa participation dans Crédit Suisse, passant de 5,01% à 4,94%, avant de vendre un mois plus tard la totalité de ses parts dans Tiffany & Co pour 417 millions de dollars. En France, il est l'un des principaux actionnaires de Vinci, dont il détient 3,80%.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

