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« La BCE a loupé une chance de sortir de sa politique ultra expansionniste »

L'annonce de Mario Draghi de ne pas relever les taux d'intérêts une nouvelle fois provoque incompréhension et colère outre-Rhin.
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

La décision de la Banque centrale européenne de ne pas relever ses taux directeurs est largement commentée dans les médias allemands. « La BCE ne veut pas abandonner sa politique monétaire ultra accommodante, malgré les critiques véhémentes de l'Allemagne. "Un important soutien monétaire est encore nécessaire", a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi, jeudi, à Francfort », rapporte notamment Manager Magazin. « Et le tout, alors que le baromètre suggère que la reprise économique dans la zone euro prend de l'ampleur ». La Frankfurter Allgemeine Zeitung note que Mario Draghi est cependant « moins prudent et moins pessimiste » qu'auparavant.

Malgré tout, en Allemagne, les réactions sont très critiques, d'autant que l'inflation a atteint les 2% le mois dernier dans la zone euro. « La BCE a de nouveau loupé une chance d'ouvrir une sortie de la politique monétaire ultra expansionniste », déclare ainsi l'économiste Isabel Schnabel, selon Manager Magazin. « Du point de vue du président de l'Insitut Ifo, Clemens Fuest, il serait mieux de réduire les achats d'obligations à partir de mai », ajoute le journal. Il estime également que « la BCE devrait freiner le flot d'argent, car il y a un risque qu'elle loupe sa cible ». Il s'inquiète notamment des épargnants qui souffrent depuis des années de taux extrêmement faibles. Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, quant à lui, avait déjà réclamé depuis longtemps une inflexion de la politique de la BCE. « Plus la phase de taux d'intérêts faibles dure, plus les fardeaux deviennent lourds », a-t-il déclaré.

Le sommet des chefs d'Etats et de gouvernements européens qui s'est tenu jeudi a également du mal à recevoir des retours positifs de la part de la presse allemande. « Tout aurait pu être si beau », déplore le Spiegel. « Le taux de chômage est à son plus bas niveau depuis 2009, sur les 3 dernières années, 4,5 millions d'emplois ont été créés, pour la première fois depuis près de 10 ans, l'économie croît dans les 28 pays de l'UE. Sur la sécurité et la défense, l'UE se rassemble, et bientôt peut-être aussi dans d'autres domaines. Sur les négociations sur le Brexit, l'UE est bien prête alors que les Britanniques ne semblent toujours pas savoir ce qu'ils veulent »... « le sommet de printemps de l'UE aurait pu, en théorie, ne se composer que de bonnes nouvelles – pour une fois ! S'il n'y avait pas eu la Pologne », déplore le Spiegel. Le pays a en effet tenté de bloquer – en vain – la réélection de Donald Tusk au poste de président du Conseil européen, faisant au passage pression sur l'ensemble du sommet. Alors que « l'UE voulait utiliser son sommet de printemps pour diffuser de la confiance pour son avenir », le premier jour du sommet a semé le trouble, poursuit le Spiegel. « La question est désormais de savoir comment le gouvernement polonais va se comporter à l'égard de l'UE ».

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