Manuel Valls, "un nouveau capitaine sans esprit d'équipe"
Manuel Valls, « le dur à cuire
d'Hollande », titre ce mardi le Spiegel. « Il doit sauver la
présidence de François Hollande. Manuel Valls est le nouveau Premier ministre
français. L'immigrant espagnol est populaire parmi le peuple, avec des points
de vue souvent radicaux ». A l'image de la majorité des médias allemands,
le Frankfurter Allgemeine Zeitung réagit également à l'annonce de la nomination
de Manuel Valls, dans un article intitulé « l'heure du shérif
rouge ». Le quotidien note que « pendant longtemps, le président
s'était méfié du percutant Manuel Valls, habitué au succès ».
Pour le Sueddeutsche Zeitung, Manuel
Valls est « l'homme sans esprit d'équipe », nommé comme capitaine
d'équipe. Le quotidien souligne qu'en prenant le « populaire » Manuel
Valls comme Premier ministre, François Hollande a choisi « exactement
l'homme dont l'ambition porte sur les nerfs de ses collègues ». De son
côté, pour le quotidien, Jean-Marc Ayrault n'est pas seulement un perdant des
municipales, il est surtout LE perdant. Après la perte de son poste de Premier
ministre, « il apprend encore une humiliation : que Manuel Valls va
prendre sa place [...] Celui avec la méthode souvent grossière de
provocation dirigée à droite, et l'écho médiatique qui porte sur les nerfs de
ses collègues ».
Quant au rôle de Valls, le
Handelsblatt estime que « Hollande lui a donné un ordre confus ».
« L'ancien chef du gouvernement est parti, mais les problèmes restent pour
le président français Hollande. Son nouveau Premier ministre Valls est réputé
être doté d'une forte capacité à s'imposer. Une qualité, dont il va souvent
avoir besoin face à Hollande ». Le quotidien rappelle notamment que le
président a beaucoup freiné Ayrault, par exemple quand il voulait augmenter le
rythme des réformes.
S'intéressant au bilan de l'ancien
ministre de l'Intérieur, le Handelsblatt le décrit comme « peu
brillant ». « A Marseille, la 'capitale du crime' française, le
socialiste né en Catalogne voulait maintenir l'ordre – mais là-bas les factures
entre gangs de la drogue sont toujours réglées avec des kalachnikov. De la même
manière, la sécurité dans les banlieues parisiennes ne s'est pas
améliorée ». Et en tant que Premier ministre, il doit déjà essuyer un premier
échec, note le Handelsblatt, les deux ministres verts sortant, Cécile Duflot et
Pascal Canfin, refusent d'appartenir à son gouvernement.
Quoiqu'il en soit, le SZ souligne que François Hollande a dû faire des « sacrifices », 22 mois après son élection. Le choix de Valls est un défi. « L'homme de l'Elysée n'a quasiment pas d'espace de jeu politique : sa propre gauche commence à se rebeller, mais Hollande a promis d'économiser massivement et de réduire le fardeau fiscal des employeurs, en échange de création d'emplois ». Un « tournant socio-démocrate », souligne le quotidien, qui ne plait pas à de nombreux membres de son parti.
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