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Shell, plombé par l'effondrement du pétrole

Le groupe pétrolier anglo-néerlandais a dévoilé ce mercredi ses résultats préliminaires pour 2015. Situé entre 1,6 et 2 milliards de dollars, son bénéfice net accuse une chute vertigineuse par rapport aux 15 milliards de 2014, dans un contexte toujours sombre pour le secteur de l’énergie.
Puits de pétrole
Puits de pétrole

Sans surprise, la dégringolade continue des cours de l'or noir a impacté les bilans des grandes compagnies pétrolières alors qu'aujourd’hui encore, le prix du Brent signait un nouveau record pour s’établir à 28,10 dollars, entrainant les marchés dans sa chute : Paris, Francfort et Londres décrochant de plus de 3%.

C'est dans ce climat pour le moins tendu que Royal Dutch Shell  a annoncé pour 2015 un bénéfice net compris entre 1,6 et 2 milliards de dollars, qui fait pâle figure comparé aux 15 milliards engrangés sur 2014. Selon ces résultats préliminaires, dévoilés avant l'assemblée générale des actionnaires, le bénéfice net du seul quatrième trimestre devrait s'établir entre 600 millions et 1,0 milliard de dollars, contre 595 millions de dollars l’année précédente. Sur le même trimestre, le bénéficie ajusté (hors éléments exceptionnels et variation des stocks) s’établit entre 1,6 et 1,9 milliard de dollars, contre un profit de 3,3 milliards un an plus tôt. La compagnie anglo-britannique publiera ses résultats détaillés le 4 février prochain. A la Bourse de Londres, le titre ouvrait logiquement en baisse pour s’établir en fin de matinée autour de -5,50% à 16,70 euros.

Malgré cette baisse attendue des résultats du groupe, son directeur général Ben van Beurden s’est dit « satisfait de la performance opérationnelle de Shell en 2015 ainsi que de l'élan dans l'entreprise pour réduire les coûts et améliorer la compétitivité ». En effet, à la baisse du prix du baril, désormais en-dessous des 30 dollars, Royal Dutch Shell avait décidé de réduire drastiquement ses investissements, et annoncé près de 10 000 suppressions d’emplois sur 2015 et 2016. Ces réductions d’effectifs concerneront également la société BG Group, dont Shell avait annoncé l’achat en mai 2015 et qui devrait être bouclé d’ici février.

L’assemblée générale des actionnaires examinera d’ailleurs cette opération chiffrée à 65 millions d'euros, qui doit permettre au groupe de renforcer sa position dans le gaz naturel liquéfié (GNL), face à la chute des cours des hydrocarbures. Il avait en revanche annoncé lundi 18 janvier son retrait du projet gazier Bab à Abou Dhabi mené avec la compagnie nationale locale ADNOC, estimant que le projet n’était « pas compatible avec la stratégie de l'entreprise, particulièrement dans le climat économique qui prévaut dans le secteur de l'énergie ».

Alors que de son côté le PDG de Total annonçait mardi 19 janvier une baisse des résultats sur 2015 largement supérieure à 20%, l’horizon reste sombre pour les acteurs pétroliers. Selon Alphavalue, si le niveau exceptionnellement faible du prix du baril devrait nécessairement se rééquilibrer, toute augmentation sera sans doute inférieure aux premières anticipations des analystes, et bien en-dessous des prévisions des compagnies pétrolières. Outre une demande qui reste faible avec le ralentissement des pays émergents, les compagnies pétrolières maintiennent un volume et des coûts de production élevés, en attendant que les prix repartent à la hausse, une situation désormais difficilement tenable.

Un contexte qui s'est encore détérioré depuis hier avec  les annonces pessimistes de l’Agence internationale de l'énergie sur l'excès d'offre. Son rapport mensuel, publié mardi, estime qu’avec la levée des sanctions contre l’Iran, la surabondance des stocks accentuera la baisse des cours. Le même jour, le FMI revoyait à la baisse ses prévisions de croissance. Selon l’institution, l’économie mondiale pourrait bientôt « dérailler » face au ralentissement chinois et à la situation « périlleuse » de nombreux pays émergents.

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