Le britannique WPP investit dans le holding de presse de Mathieu Pigasse
Le groupe britannique de publicité et communication WPP annonce avoir pris une participation dans le groupe de médias français Les Nouvelles Editions Indépendantes (LNEI), holding créé en 2009 par le banquier Mathieu Pigasse et qui regroupe ses participations dans la presse. Si WPP n'a pas précisé le montant de l'investissement ni la part acquise, il a affirmé que le deal avait en tout cas déjà été conclu. Le groupe français possède notamment le magazine les Inrocks et la station Radio Nova, ainsi qu'un tiers du groupe Le Monde et des participations dans le Huffington Post, L'Obs et Telerama.
En France, les entreprises où WPP est présente, emploient au total quelque 5.000 personnes et dégagent un chiffre d'affaires annuel équivalent à 700 millions de dollars (625 millions d'euros). Mais le patron de WPP, Sir Martin Sorrell, un fervent défenseur du maintien de son pays dans l'UE a souhaité accroître ses positions en Europe et en France afin de compenser la sortie de son pays de l'Union. Il avait ainsi annoncé dès le lendemain du vote que les résultats du scrutin rendaient encore plus importante la présence de son groupe sur le Vieux Continent. Ce qu'a de nouveau affirmé le groupe lors de l'annonce de la prise de participation dans LNEI. "En raison du résultat du référendum britannique pour quitter l'Union européenne, WPP va placer davantage d'importance sur sa croissance en Europe occidentale, qui comprend quatre des dix principaux marchés du groupe: l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne", a expliqué le groupe britannique dans un communiqué.
Les M&A impliquant une société britannique ont subi un sérieux coup de froid depuis le vote du 23 juin et sont même tombées à leur plus bas depuis vingt ans selon des données publiées par Thomson Reuters le 13 septembre. Le nombre d'opérations impliquant au moins une entreprise britannique est ainsi tombé à 707 au cours des 11 semaines qui ont suivi le vote du Brexit, pour un montant global de 87,43 milliards de dollars, contre 1.060 opérations pour 125,22 milliards sur la période correspondante de l'an dernier, selon les données de Thomson Reuters.
Mais ce type d'acquisitions réalisé par WPP pourrait permettre de partiellement compenser la chute des opérations : d'autres groupes britanniques pourraient ainsi décider d'étendre leur présence en Europe via des acquisitions afin d'y pérenniser leur présence et faciliter leurs relations avec leurs clients en cas d'échec des négociations entre le gouvernement britannique et Bruxelles.
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