Banques / Banque-assurance
Banques
Banque-assurance
Axa bichonne ses actionnaires, et s'aligne sur ses concurrents
Axa n’a pas échappé au marasme du CAC 40 causé par la BCE hier et clôturé en baisse de 4%, mais cette déconvenue ne devrait être que passagère (+1,14% ce matin). Car après-Bourse, l’assureur français a fait une annonce qui devrait ravir ses actionnaires et le marché : il a confirmé un ratio Solvabilité II solide de 212% et indiqué une fourchette cible comprise entre 170 et 230%, dans la mesure où la mise en application de la directive va lui permettre d’économiser 500 millions d’euros de cash flows opérationnels par an. Mais surtout, le groupe dirigé par Henri de Castries s’est engagé à distribuer de 45 à 55% de son résultat courant en dividendes, contre un taux de 40 à 45% auparavant. En particulier, ses filiales distribueront désormais entre 75 et 85% de leurs cash flows opérationnels disponibles.
Cette communication tombe à point nommé car si Mario Draghi a déçu le marché en n’augmentant pas son programme de rachats d’actifs hier, il a encore abaissé le taux de dépôt de 10 pb, à -0,3%. Les taux à dix ans français et allemands ont certes pris 20pb dans la foulée de cette annonce, à 0,66% et 0,99% respectivement, mais la dynamique reste la même, celle de taux historiquement bas pour une durée indéterminée, en tout cas pour le moment. Dans ce contexte, les assureurs ont une carte à jouer pour proposer une classe d’actifs plus rémunératrice, et l’ont bien compris. A l’instar d’Axa, ils bénéficient de surplus de capitaux grâce aux besoins moindres de la réglementation européenne en matière d’assurance-vie, épargne et retraite. Et en profitent pour augmenter la rémunération de leurs actionnaires.
Selon les calculs de Bloomberg en début d’année, l’assurance était sur le point de passer devant les télécoms pour devenir le deuxième secteur le plus lucratif en Europe. Il devrait ainsi voir son dividend yield passer de 4,1% à 4,4%, derrière les utilities, à 4,7% (en baisse sur les 6% de 2014). Fin novembre, le nouveau CEO d’Allianz, Oliver Bäte, a établi ses objectifs à trois ans et confirmé qu’il allait distribuer 50% de son résultat net en dividendes. Quelques jours plus tard, le patron du premier réassureur mondial Munich Re affirmait pouvoir continuer le rythme actuel de distribution, et même augmenter légèrement le dividende (qui affiche un yield de 4%), sous réserve d’une grosse catastrophe naturelle. Le britannique Prudential a également relevé de 21% son dividende trimestriel fin novembre, tandis que l’irlandais Aviva fait figure de bon élève, avec un ratio de distribution de 48% et un yield de 4,1%.
Les investisseurs ne s’y sont pas trompés, qui ont massivement acheté le secteur. L’indice Eurostoxx 600 assurance a ainsi gagné près de 20% depuis le début de l’année, contre 8,6% pour l’indice généraliste européen. Axa, le premier assureur mondial, en a d’ailleurs bénéficié dans la mesure où le titre a gagné 27% cette année. Le groupe n’en délaisse pas pour autant les investissements et la croissance externe : le directeur général délégué Denis Duverne a indiqué il y a quelques jours que l’assureur réaliserait plus d’acquisitions que de cessions à l’avenir. Enfin, il a des ambitions importantes dans l’épargne individuelle puisqu’il compte booster sa collecte de 8 à 10 milliards d’euros par an d’ici à 2020, et porter son portefeuille d’encours de 10 à 13 milliards d’euros dans la gestion privée. Pour ce faire, il devra trouver des poches de rendement aussi lucratives que son propre titre.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

