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Macro-économie / Taux / Indicateurs macros / Macro-économie

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Indicateurs macros / Macro-économie

La croissance française au plus haut depuis 2011

Le PIB de l'Hexagone a progressé de 1,9% en 2017, après une croissance de 1,1% un an plus tôt. Un record de six ans, permis par la reprise soutenue des investissements des entreprises et de la production manufacturière. La France pourra-t-elle poursuivre sur cette lancée ? 
Banque de France
Banque de France

Cocorico ! La France a réalisé l'an dernier une très belle performance annuelle selon les données publiées ce matin par l'INSEE, et affiché une croissance de 1,9%, au plus haut depuis 2011. L'institut de la statistique a ainsi dévoilé une hausse de 0,6% au dernier trimestre de 2017, soit légèrement supérieure au consensus, qui anticipait plutôt 0,5% de croissance, notamment grâce à la hausse de la production manufacturière, de 1,5% après +0,8% entre juillet et septembre 2017, et une accélération de l'investissement des entreprises, qui a progressé de 1,1% après 0,9% au T3.

Autre élément positif pour le pays, une croissance des exportations bien supérieure à celle du troisième trimestre, puisqu'elles ont progressé de 2,6%, après 1,1%, quand dans le même temps, les importations ont nettement ralenti (+0,7% après 2,4% au T3). Du coup, les échanges extérieurs ont contribué positivement à la croissance française sur le dernier trimestre, à hauteur de 0,6 point, un fait suffisamment rare pour être souligné. Sur l'ensemble de l'année en revanche, même si les exportations ont sensiblement progressé, de 3,5% après 1,9% seulement en 2016, elles n'ont pas permis de compenser la croissance des importations, de 4,3%, et le solde extérieur a donc continué de peser sur le PIB de l'Hexagone l'an passé.

L'année 2017 aura en tout cas été celle de l'accélération de l'investissement des entreprises, passé de 2,7% en 2016 à 3,7%, soulignant l'optimisme retrouvé des sociétés françaises, et le climat de confiance traduit par l'ensemble des enquêtes avancées depuis l'élection d'Emmanuel Macron. La production totale du pays a également accéléré, passant à 2,3% après 0,9% seulement en 2016, notamment dans l'industrie manufacturière et la construction, deux secteurs qui jusque-là peinaient à repartir. A noter par ailleurs que la consommation des ménages, qui d'un point de vue historique est l'un des principaux piliers de la croissance française, a moins bien performé, passant de 2,1% en 2016 à 1,3% l'an passé.

Cette légère surperformance du PIB par rapport à ce que le gouvernement avait prévu dans le PLF de septembre, basé sur une croissance de 1,7% en 2017, est une bonne nouvelle pour le rétablissement des comptes publics de l'Hexagone. En effet, si le pays parvient à maintenir le déficit sous les 3% en 2017 et 2018, il sortira de la procédure de déficit excessif au printemps prochain. Le texte de loi de septembre prévoyait que le déficit diminue de 0,3 point en 2017, pour atteindre 2,9% du PIB, puis 2,6% du PIB en 2018. "Même avec une hypothèse de croissance prudente, les prélèvements obligatoires baisseront de 0,3 point, et le déficit de 0,3 point également en 2017. Avec ce cap, nous respectons les engagements pris auprès de nos partenaires européens. Notre objectif est de sortir dès 2018 de la procédure de déficit excessif prévue par les textes européens", précisait le PLF de cet automne.

Bruno Le Maire n'a d'ailleurs pas manqué de se féliciter des très bons chiffres dévoilés ce matin par l'INSEE, déclarant dans un communiqué, que cette performance était "le résultat du retour de la confiance des ménages et des entrepreneurs depuis l’élection du Président de la République, des mesures de réformes mises en œuvre par le Gouvernement ainsi que d’un environnement international porteur, en particulier en zone euro". Un mérite que l'ex-ministre de l'économie et des finances Michel Sapin a également souhaité s'attribuer, puisqu'il s'est lui aussi fendu d'un communiqué ce matin : "Est-il besoin de rappeler que la reprise de l’activité est intervenue dès la fin 2015 et s’est amplifiée dès le dernier trimestre de 2016, puis s’est établie à +0.5% au 1e trimestre, +0.6% au 2e, +0.5% au 3e et +0.6% au 4e ?" Et d'ajouter, "les mesures prises au cours des années 2013 à 2016 pour rétablir la compétitivité des entreprises et soutenir une croissance saine et durable, ont donc porté leurs fruits. C’est une bonne chose pour la France et les Français" !

Selon l'actuel ministre de l'économie Bruno Le Maire en tous cas, "cette tendance devrait se poursuivre en 2018", citant les très bons indicateurs économiques publiés récemment. Mais là est tout le débat : la croissance va-t-elle continuer d'accélérer, ou le pays a-t-il atteint son rythme maximum ?  

Certes, les dernières enquêtes de confiance restent bien orientées.  Mais la Banque de France table sur une croissance proche de 1,7% en 2018, soit en léger recul par rapport à 2017. Selon Olivier Vigna, économiste chez HSBC, l'enquête de confiance de la BdF a justement ralenti au mois de janvier et atteint un plus bas depuis juin, après le record de décembre, ce qui pourrait signaler que le "pic de l'activité est désormais derrière nous". L'utilisation des capacités de production est par ailleurs au plus haut depuis dix ans (elle a atteint 85,8% en janvier), tandis que la proportion d'entreprises produisant au maximum de leurs capacités a également atteint un record depuis 1990 (37,2% des entreprises). "Des réformes supplémentaires sont donc nécessaires pour accroître les capacités de production de la France et améliorer ses perspectives de croissance à moyen long terme," conclut l'économiste.

Les équipes de Capital Economics sont plus optimistes : "la croissance française devrait être de très bonne facture cette année aussi", explique ainsi Jessica Hinds, qui souligne que la diminution progressive de l'inflation et la baisse du chômage devraient soutenir la reprise de la consommation. Les équipes de l'institut de recherche basé à Londres tablent ainsi sur une croissance de 2,3% cette année et en 2019, soit des prévisions très optimistes comparées à celles des institutions telles que les FMI, qui prévoit pour sa part 1,9% en 2018 et 2019. Une chose est certaine, la confiance des entreprises sera clef pour permettre à l'Hexagone de continuer à bien performer. Le succès des prochaines réformes sera donc capital pour continuer de rassurer les entreprises et les encourager à investir. 


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