Affaire Bettencourt ou affaire Courbit ?
L'investissement de 143 millions d'euros fait par Liliane Bettencourt pose un problème de conflit d'intérêts autour de son "protecteur", mais aussi autour des acrobaties financières de Stéphane Courbit.
La nouvelle affaire Bettencourt qui défraie la chronique judiciaire, financière et mondaine depuis quelques jours est liée à un investissement de 143,75 millions d'euros réalisé par la principale actionnaire de L'Oréal dans LG Industrie, l'une des structures du groupe créé par Stéphane Courbit.
Si cette affaire pose d'emblée un problème, c'est parce que l'homme qui a réalisé cet investissement, Maître Pascal Wilhelm, est à la fois le "protecteur" de Liliane Bettencourt, l'avocat de Stéphane Courbit et celui de Jean-Marie Messier, qui a monté l'opération financière avec la banque Messier-Maris & Associés. Tous les documents concernant cette opération, que WanSquare a pu consulter, ont été paraphés par cet avocat, sans qu'à aucun moment la fille d'Eugène Schueller ne soit intervenue. C'est dire s'il y a un vrai problème de conflit d'intérêts.
Mais à tout focaliser sur cette question de déontologie - qui est en effet préoccupante - on en oublie l'essentiel. Qu'est ce qui a pu pousser Stéphane Courbit à avoir subitement besoin de 143,75 millions d'euros, alors que toutes ses sociétés sont déjà truffées d'actionnaires minoritaires "aux poches profondes"? Et surtout, pourquoi avoir demandé une telle somme, qui dépasse même les moyens alloués à Liliane Bettencourt? A tel point que celle-ci, deuxième fortune de France, a dû demander à la société qui gère ses intérêts de lui avancer 30 millions d'euros.
Ces questions sont d'autant plus importantes lorsque l'on découvre qu'entre le moment (mi-décembre 2010) où cet investissement dans le groupe LG Industrie a été organisé par Pascal Wilhelm et celui où il a été mis en place par le biais de deux versements successifs (75 millions d'euros, puis 68,75 millions à fin avril 2011), Stéphane Courbit a organisé une réduction de capital de 30 millions d'euros. Une réduction de capital est le seul moyen juridique autorisé pour faire remonter du cash à un actionnaire par une société qui n'est pas en mesure de distribuer des dividendes, pour la bonne raison que ses bénéfices ne sont pas au rendez-vous.
La Financière Lov a donc redistribué 30 millions d'euros à Lov Group Invest, qui l'a reversé à l'ancien patron d'Endemol France. Après quoi les deux sociétés ont entamé un processus de fusion. Cela signifie bien que le groupe ne manquait pas d'argent pour des investissements futurs, et que l'investissement fait par Maître Wilhelm au nom de Liliane Bettencourt apparaît, de fait, encore moins opportun.
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17/09/2021 - 10:31

