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Chine: vers un soft landing volontaire

Le pays ne pourra pas utiliser les techniques habituelles de soutien à l'économie sans créer d'inflation. Il a donc préféré fixer des objectifs de croissance au plus bas depuis 2004, et maintenir l'équilibre des prix.
En cinq ans, les chiffres de la croissance chinoise ont été divisés par deux ; alors qu'en 2007, l'économie du pays avait progressé de 14,2%, le Premier ministre Wen Jiabao a annoncé hier qu'elle n'atteindrait que 7,5% cette année. C'est la première fois que la croissance chinoise est inférieure à 8% depuis 2004 ; même si elle pourrait finalement les atteindre, puisque le gouvernement est pessimiste et que la hausse du PIB dépasse systématiquement les prévisions des dirigeants. Il reste que la prudence du Premier ministre résulte bien de signes tangibles de ralentissement de la croissance chinoise. Selon Bei Xu, économiste chez Natixis, le PIB du pays est effectivement menacé par la faiblesse du crédit, qui a diminué de près de 20 points en deux ans. La croissance chinoise sera également pénalisée par le ralentissement des exportations, qui ont baissé de 0,5% en janvier, pour la première fois depuis deux ans, notamment en raison de la crise de la dette en Europe. Enfin, dernier élément à prendre en compte: les difficultés des collectivités locales, avec la baisse de leurs ressources liées aux prix des terrains et de l'immobilier. Dans ces conditions, il est donc souhaitable que les autorités chinoises apportent un soutien à leur économie. Mais les techniques que le pays utilise habituellement pour relancer la croissance auront des effets indésirables sur l'économie et le gouvernement doit donc trouver de nouveaux outils pour relancer l'économie. Depuis deux ans, les dirigeants ont tenté de relancer la consommation par des hausses de salaires - de 22,9% en moyenne en 2010 et 20% en 2011- dont les répercussions sur la demande intérieure commencent à se faire sentir. "Mais le problème rencontré est que la hausse rapide du coût salarial unitaire va pousser l'inflation sous-jacente à la hausse", poursuit Bei Xu dans sa note. L'an dernier, la hausse des prix avait atteint 5,4%, avec un pic de 6,5% en juillet. Elle a depuis été contenue, mais devrait tout de même se situer autour de 4% en 2012. Deuxième instrument utilisé habituellement par les autorités chinoises pour relancer l'économie: le soutien par le crédit, en rendant plus expansionnistes les conditions du crédit. Sauf que ces mesures profitent surtout aux entreprises et collectivités, ce qui a conduit à la formation d'une bulle immobilière fin 2009 et en 2010. L'injection importante de liquidités a également entraîné une bulle sur les cours boursiers en 2007 et 2009. En raison de ces risques sous-jacents, les autorités hésiteront donc à se servir du crédit pour soutenir leur économie. Quelles sont donc les options pour Wen Jiabao s'il veut soutenir son pays sans passer par les outils traditionnels? La relance par le crédit ciblé sur les PME, en imposant des ratios réglementaires spécifiques à ce type de crédit, serait une première solution. Mais aussi les incitations à la consommation, telles que des mesures fiscales de rééquilibrage d'inégalité de revenus. Les primes à l'achat de voitures par exemple seraient bienvenues, sachant que les ventes ont justement baissé de 3% en janvier et février sur un an.
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