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Le trading post-Brexit, bol d'air frais pour les banques US au Q3

JP Morgan et Citigroup ont publié des résultats supérieurs aux attentes au troisième trimestre, notamment grâce au rebond du fixed income. La prochaine hausse des taux par la Fed devrait réactiver la volatilité chère aux banques de Wall Street.
Citi - New York - Wall Street - banque
Citi - New York - Wall Street - banque

Les banques américaines avaient le vent en poupe ce vendredi à l’ouverture de la Bourse, portées par les publications de Wells Fargo, Citigroup et JP Morgan. Wells Fargo a tout d’abord publié des revenus de 22,3 milliards de dollars et un bénéfice par action de 1,03 dollar, soit légèrement au-dessus du consensus. Le nouveau patron de la banque, Tim Sloan, a passé un long moment à présenter ses excuses sur le scandale lié à la création de 2 millions de faux comptes bancaires et à assurer que ses clients étaient sa plus grande priorité. Mais il a aussi bénéficié de la publication d’une hausse de 11% des prêts commerciaux et industriels au troisième trimestre, meilleur baromètre du dynamisme de l’activité économique de l’autre côté de l’Atlantique.

JP Morgan a de son côté épaté le marché avec des revenus en hausse de 8,3% à 24,67 milliards de dollars et un profit de 1,58 dollar par action. C’est surtout l’activité de trading qui a rebondi d’un tiers au troisième trimestre, ce que la banque a expliqué par un regain d’activité et de repositionnement à la suite du référendum sur le Brexit. Mais aussi les récentes actions des banques centrales et les réformes des fonds monétaires. Côté banque d’investissement, les revenus ont également grimpé de 15%, portés notamment par le rebond des opérations en actions. Toutes ces nouvelles sont de bon augure pour Morgan Stanley et Goldman Sachs, qui dépendent encore plus fortement de l’activité de trading que leurs confrères.

Citigroup a quant à lui publié des résultats en baisse sur un an, mais qui restent supérieurs aux attentes des analystes. Ses revenus ont baissé de 4,9% à 17,76 milliards de dollars mais le trading a lui aussi progressé de 16% sur le trimestre, même si cela est moins impressionnant que chez JP Morgan. La banque dirigée par Michael Corbat a toutefois tiré son épingle du jeu dans le trading obligataire, qui a gagné 35% sur la période. Tout l’enjeu pour le dirigeant sera de restaurer le rendement sur fonds propres de Citigroup, qui a chuté de 8,9% à 7,8% sur un an, alors même qu’il s’était engagé à le faire revenir à 10% d’ici 2015 lors de son arrivée à la tête du groupe, en 2012. JP Morgan a de son côté réussi à maintenir un ROE de 10% mais au prix d’une légère baisse du ratio de rémunération de ses employés.

Les banques n’ont donc pas d’autre choix que d’améliorer leur rentabilité du capital, malgré une réglementation de plus en plus drastique et coûteuse. Mais à cet égard, le discours de la Fed annonçant qu’elle pourrait augmenter ses taux « relativement rapidement » leur offre les meilleurs espoirs de reprise de la volatilité et des opérations qui font le fonds de commerce des banques d’investissement. En outre, l’évolution lente des discussions avec la Grande-Bretagne concernant le Brexit devrait continuer à nourrir des changements de position du côté des changes et des taux d’intérêt. Reste que les mastodontes de Wall Street doivent se battre face à des concurrents de l’ombre, les acteurs du trading électronique qui ne pâtissent pas des mêmes contraintes même s’ils opèrent sur les mêmes marchés. Une sélection fine des activités les plus rentables sera indispensable pour promettre des jours meilleurs de rentabilité aux investisseurs, surtout lorsque la régulation bancaire n’a pas encore produit ses pleins effets.


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