WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Banques / Banque-assurance

Banques
Banque-assurance

Banco Espirito Santo : le risque de bail-in écarté pour le moment

La Banque centrale du Portugal a laissé entendre que des actionnaires de l’établissement seraient prêts à injecter du capital. Une déclaration qui a apaisé les marchés.
Pedro Passos Coelho - Premier ministre portugais - Portugal
Pedro Passos Coelho - Premier ministre portugais - Portugal

Il fallait apaiser les marchés. La Banque centrale du Portugal a laissé entendre ce matin que les actionnaires de Banco Espirito Santo seraient prêts à injecter du capital pour rassurer, à la suite du défaut de paiement de la part d'une des holdings du groupe, Rioforte Investments. Une annonce qui a aussitôt fait monter les actions et les obligations de la banque. La menace d’un renflouement via les créanciers semblait ainsi s’écarter.

Rioforte a échoué à rembourser une dette de 847 millions d'euros à Portugal Telecom (PT) qui arrivait à échéance mardi, sur une dette totale de 897 millions d'euros, a annoncé mercredi l'opérateur de télécommunications. Jusqu’à présent, les investisseurs craignaient que les porteurs d’obligations de Banco Espirito Santo, également sous le coup de la découverte d'irrégularités comptables, n’essuient les pertes. L’effet du soulagement s’est fait immédiatement sentir ce mercredi puisque le titre BES a augmenté de 8,2% à 41,1 euros. Un rebond qui a immédiatement porté les rendements du pays à dix ans, qui reculaient de 9 points de base à 3,71% à la même heure. En outre, le Portugal est parvenu à lever 1,25 milliard d'euros de dette à six et douze mois en dépit des tensions provoquées par la crise BES.

Il aura fallu la déclaration du jour pour en arriver à un tel résultat. Jusqu’ici, et bien que la banque ait précisé qu’elle était au-dessus des exigences de solvabilité requises, les craintes persistaient. La sortie du Premier ministre, Pedro Passos Coelho, qui avait appelé la semaine dernière le groupe à négocier avec ses créanciers « dès que possible », tout en excluant un possible bail-out (renflouement extérieur) de la banque, n’y était pas étrangère. « Les sociétés privées doivent supporter les conséquences de leurs mauvaises opérations. Les contribuables ne doivent pas être sollicités pour supporter leurs pertes », avait-il déclaré.

Une annonce en ligne avec les nouvelles normes européennes en matière de bail-in (renflouement interne), qui doivent être transposées par les Etats d’ici à la fin de l’année. Ces dernières imposent des pertes aux actionnaires, créanciers juniors et porteurs de dettes seniors non sécurisées, lorsqu’une banque fait faillite mais aussi avant toute aide d’Etat. Si en avril dernier les dirigeants européens ont mis un point final à ce texte, c’est pour éviter que les pays, et donc les citoyens, ne mettent à nouveau la main à la poche, comme cela a été le cas dans cinq d’entre eux durant la crise.

Pour l’instant, ces règles ne sont pas forcément déclenchées. « Puisque la directive de redressement et de résolution des banques européennes (BRRD), qui exige le bai-in des créanciers seniors, n’est pas encore une loi au Portugal, cette contribution des créanciers seniors est moins probable », écrivait l’agence Moody’s le 14 juin, dans une note à destination de ses clients. Mais si le renflouement interne de la banque avait été nécessaire, aussi douloureux soit-il, il aurait été le bienvenu du côté de l’opinion publique.

Dans d’autres cas, les aides d’Etat restent possibles. En juin, la Commission européenne a accordé 1,35 milliard d’euros à Sofia pour endiguer le manque de confiance des Bulgares dans leur système bancaire. « En vertu des règles relatives aux aides d'État de l'UE, les mesures d'aide publique peuvent être justifiées pour éviter une perturbation grave de l'économie », avait justifié Antoine Colombani, porte-parole du commissaire chargé de la concurrence, Joaquín Almunia.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article