WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Recapitalisation des banques : le vent tourne

Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales, le FMI insiste sur la recapitalisation des banques européennes. En Europe, le ton change.
Les économistes du Fonds Monétaire International ont glissé leurs mains de fer dans des gants de velours. Tout en écartant l'idée d'un éclatement de la zone euro, ils ont lourdement insisté sur la nécessité de recapitaliser des banques européennes, à l'occasion de la parution du rapport sur les perspectives économiques mondiales. En Europe, cette idée semble faire son chemin. "Les autorités prudentielles doivent encourager l'injection de capitaux privés dans les banques (comme réalisée en Espagne) et promouvoir la consolidation et la réalisation d'investissements transfrontières (comme vu en Irlande)", insiste le rapport du FMI. Si ce n'est pas possible, le fonds estime qu'il faudra recourir aux capitaux publics ou carrément fermer certains établissements. Enfin, le Fonds recommande aux autorités européennes d'être particulièrement vigilantes pour que les banques ne tentent pas le tout pour le tout, en offrant de rémunérer très fortement les dépôts ou en prêtant de façon risquée. Alors que le cadre de Bâle III exige des banques qu'elles aient un niveau de fonds propres purs de l'ordre de 7%, ces ratios devraient, selon l'institution de Washington, être fixés "ambitieusement hauts" et atteints "bien avant" le calendrier de mise en oeuvre de Bâle, qui court jusqu'à 2019. Pour le fonds, l'enjeu est d'autant plus important que la crise pourrait se propager aux Etats-Unis, via les détentions d'actifs européens des investisseurs institutionnels américains, et ensuite au reste du monde. La santé des banques est d'autant plus cruciale que les perspectives de croissance de la zone ont été revues à la baisse à 1,6% pour 2011 (-0,4) et 1,1% pour 2012 (-0,6). Même si les économistes du FMI ont estimé qu'une explosion de la zone euro n'était pas crédible, ils insistent pour que les décisions du sommet du 21 juillet soient adoptées le plus rapidement possible. D'autant que le FESF pourrait, en plus de son intervention sur le marché de la dette souveraine à la place de la BCE, aider les banques à se recapitaliser. Enfin, le Fonds conseille aux Etats de revenir plus lentement sur les aides qu'ils ont accordées pendant la crise pour soutenir le secteur bancaire. Ces propos sont relativement attendus depuis les sorties de la directrice du fonds, Christine Lagarde, sur les besoins de recapitalisation des banques. Celles-ci avaient suscité des réactions outrées de nombre de dirigeants européens et des banquiers, pour qui le secteur bancaire européen était solide. Cependant, le ton semble changer doucement en Europe. Aujourd'hui, le commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia, a reconnu qu' "avec l'aggravation de la crise des dettes souveraines, de nouvelles banques auront peut-être besoin d'être recapitalisées", en plus des neuf qui ont échoué aux tests de résistance réalisés en juillet. Le commissaire a également précisé qu'il allait "proposer cette année de prolonger les règles autorisant les aides d'Etat" mises en place en 2008-2009, "afin de permettre aux gouvernements de continuer à aider publiquement leurs banques au-delà de 2011".
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article