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Les entreprises françaises championnes du reporting RSE
Il y a deux ans, en décembre 2015, la COP 21 avait créé un vaste mouvement de prise de conscience au sein des entreprises, la plupart s'étant engagées à la suite de l'événement de Paris, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et améliorer leur communication en la matière. Dans la mouvance de la COP 21, l'ONU a publié quelques semaines plus tard, en janvier 2016, 17 objectifs de développement durable (ODD) pour aider à accélérer l'éradication de toutes les formes de pauvreté, lutter contre les inégalités et le changement climatique.
Or, selon une enquête publiée par PwC ce matin et menée auprès de 500 entreprises de 17 pays différents, ces ODD de l'ONU ne sont pas restés lettre morte : 62% des sociétés interrogées au niveau mondial ont dit avoir intégré ces objectifs dans leur communication publique, et parmi elles, 79% ont systématiquement choisi de s'engager sur le 13ème objectif, relatif au changement climatique. "Il est de plus en plus évident que les préoccupations sociétales sont autant l'affaire des entreprises que des Etats. L'appropriation des ODD par les entreprises incarne bien leur volonté d'être des acteurs engagées au-delà de leur champ de responsabilité traditionnel", explique ainsi Sylvain Lambert, associé en charge du développement durable chez PwC.
Si les entreprises souhaitent dépasser la seule sphère économique et inscrire leur action dans une vision plus durable de la société, il reste que, selon cette enquête, elles sélectionnent tout de même les objectifs de l'ONU en fonction de leur activité propre: 37% ont dit avoir ciblé ces ODD afin d'en rendre compte dans leur reporting. Mis à part le changement climatique, qui reste l'objectif le plus souvent mentionné, le travail décent et la croissance économique (objectif numéro 8) ainsi que la consommation et la production responsables (n°12) sont le plus souvent cités.La formalisation d'engagements concrets est cependant encore un domaine où les entreprises devront progresser, soulignent les auteurs de l'étude, puisque seules 28% d'entre elles ont mis en place des objectifs quantifiables. Quelques domaines cependant sont plus en avance que d'autres en termes de qualité de reporting des entreprises : ainsi les émissions de gaz à effet de serre, l'efficacité énergétique mais également la représentativité des femmes dans les postes de direction font partie des objectifs pour lesquels les entreprises se sont fixées des critères chiffrés, avec des deadlines pour les atteindre.
Un bon exemple d'intégration des 17 objectifs de l'ONU dans le business modèle des entreprises est, au sein du secteur financier, l'émergence de "l'investissement à impact". Les fonds à impact ont en effet comme critère de sélection des actifs les 17 objectifs établis par l'ONU. Aberdeen Standard Investments a ainsi lancé à l'automne dernier le fonds Global Equity Impact, sa première solution à impact.
Autre enseignement du rapport de ce matin, une France qui se démarque en matière de reporting durable. Des entreprises bonnes élèves donc, mais largement incitées à communiquer sur les objectifs de l'ONU par une réglementation plus sévère que dans d'autres pays en la matière. Ainsi la France a introduit dès 2002 une obligation de reporting, renforcée par la loi Grenelle 2 en 2012. Enfin, la transposition de la directive européenne sur la transparence extra-financière en 2017, ainsi que l'article 173 de la loi Transition Energétique en 2015, dont une partie vise spécifiquement le monde des investisseurs ont complété le dispositif. Les sociétés françaises interrogées ont ainsi dit avoir identifié trois objectifs prioritaires : le réchauffement climatique, la consommation et la production responsables et le travail décent et la croissance économique.
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