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Presse allemande : les taxes élevées sont une tradition française

Les journaux reviennent sur la spécificité de la fiscalité française. Et sur les prévisions de croissance de l'Allemagne, qui sera plus faible que prévu cette année mais repartira en 2014.
La croissance allemande devrait ralentir en 2013, rapportent plusieurs médias du pays, ce jeudi. Mais ces journaux insistent davantage sur le fait qu'elle devrait repartir fortement en 2014. "Cette année le produit intérieur brut devrait encore augmenter de 0,9%", prévient ainsi le Handelsblatt, s'appuyant sur les prévisions du Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung (DIW). "Le développement économique est toujours plus fort en Allemagne que dans le reste de l'union monétaire, bien que la faible demande actuelle dans des pays voisins comme la France ou les Pays-Bas pèse sur l'économie allemande", analyse l'économiste en chef du DIW, Ferdinand Fichtner. Le Handelsblatt précise que selon lui, "la principale pierre d'achoppement pour l'économie allemande sera encore et toujours la crise durable et la récession dans la zone euro, dont les entreprises ressentent les effets. Mais courant 2013, les perspectives s'éclairciront pour les exportations, en raison de la nouvelle croissance de l'économie mondiale." Le Sueddeutsche Zeitung est catégorique : "un peu de croissance, mais pas de véritable reprise cette année : les économistes s'attendent à ce que la croissance allemande reparte fortement seulement à partir de 2014". Ce qui fait dire au quotidien que l'économie allemande "semble traverser la crise avec un certain succès", les économistes prévoyant en effet une croissance de plus de 2% pour 2014 (contre 0,8% en 2012). La Bundesbank, pour sa part, est moins optimiste, avec une prévision de croissance de 0,4% pour 2013. Alors que le départ de Gérard Depardieu en exil fiscal amuse la presse allemande depuis plusieurs jours, le Sueddeutsche Zeitung évoque désormais la "fin de la générosité" pour les "riches Français en Suisse". "Secrètement, discrètement et dans le silence, et sans aucun avertissement, Paris a abrogé sa directive de 40 ans de manière unilatérale, selon laquelle beaucoup de riches Français en Suisse ne doivent payer qu'une sorte d'abattement sur les frais de séjour comme impôt. Les bénéficiaires de cette taxe n'ont pas été les seuls à être surpris, le gouvernement suisse l'a été également". Le SZ note en effet que François Hollande n'a pas "jugé nécessaire d'avertir son homologue sur ses plans". Concernant la fiscalité également, die Zeit fait un zoom sur l'imposition des entreprises en Europe, s'appuyant sur un comparatif du Zentrum für Europaïsche Wirtschaftsforschung. "L'indicateur, le 'taux effectif d'imposition', est composé de deux dimensions : le taux d'imposition pur et l'assiette fiscale", précise l'hebdomadaire. Les résultats montrent un clivage fort en Europe, avec d'un côté la Bulgarie (9%) ou encore Chypre (10,6%) et de l'autre la France (32,8%) ou Malte (32,2%), l'Allemagne quant a elle a un taux élevé, de 28,2%. Mais les Etats-Unis (36,5%) et le Japon (41,7%) restent loin devant. "En France, les taxes élevées sont une tradition. Paris se saisit volontiers des actifs. En plus de l'impôt foncier des entreprises, le pays lève une taxe foncière sur l'immobilier commercial, combinée avec une taxe sur la valeur ajoutée qui impose l'ensemble des revenus de production ainsi que les gains sur les taux d'intérêt et les salaires", explique die Zeit.
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