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Libor : nouvelle plainte américaine contre neuf banques
Cela ne finira jamais. Voila ce que doivent se dire les banques en apprenant que certaines d’entre elles sont poursuivies par la FDIC (Federal deposit insurance corporation) dans l’affaire du Libor. Pour les journaux britanniques, ce serait "La" plainte dans cette affaire puisqu’elle porterait sur un total de 400 milliards de dollars. Et comme toujours, ce sont les usual supects qui sont visés: Barclays, Lloyds Banking, Royal Bank of Scotland mais aussi Deutsche Bank et UBS. Au total, ce sont neuf établissements qui sont visés dans une plainte portée par 39 banques américaines qui ont dû être sauvées pendant la crise financière et dont les pertes seraient liées au défaut de Libor réel.
Les banques visées par la plainte de la FDIC, sont soupçonnées d’avoir comploté pour maintenir un taux Libor bas pendant plusieurs années. Cette pratique, appelée « lowballing » en anglais, donnait ainsi une mauvaise image au marché. Les neuf banques visées sont accusées d’avoir orchestré la «suppression matérielle » du Libor entre août 2007 et jusqu’à la fin 2009. Autrement dit, d’avoir manipulé les taux du Libor pendant cette période et entraîné la perte de plusieurs milliards de dollars pour les banques américaines. Dans la plainte, que The Times a pu consulter, il est ainsi indiqué que « le taux Libor était moins élevé qu’il ne l’aurait dû. Un Libor en dollars bas permettait aux banques défenderesses (ainsi que toutes les autres banques parties aux échanges) d’ajuster leurs positions de trading et de profiter d’un mouvement de baisse des taux d’intérêt en ajustant leurs niveaux de taux prêtés ».
Selon les données de la British Bankers Association, qui avait déjà travaillé sur ces affaires de Libor, la différence de taux était de 20 à 30 pb entre le taux réel et le taux proposé sur le marché. Ainsi, les 39 banques représentées par la FDIC auraient perdu quelque 400 milliards de dollars pendant ces années de manipulation du Libor alors qu'elles ne disposaient d'un produit net bancaire cumulé que de seulement 114 milliards de dollars fin 2007. On peut imaginer que la FDIC va tout faire pour que les banques visées par la plainte payent et cher.
Un montant qui viendra gonfler celui déjà comptabilisé pour l’ensemble des affaires de ces dernières années. Le dernier chiffre en date, publié hier par la fondation britannique, CCP Research Foundation, montre que le coût des litiges, versé et provisionné, pour les 20 plus grandes banques mondiales s’est élevé à 264 milliards de livres (290 milliards d’euros) sur la période 2012 à 2016. Ce montant est 5,2% supérieur à celui enregistré sur la période 2011-2015 et 32% plus important que les cinq années qui ont suivi la crise (200 milliards de livres). Sommes qui pourraient commencer à baisser ces prochaines années, la plupart des litiges liés à la crise des subprime, arrivant désormais en fin de procédures.Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

