Derichebourg : le modèle de la croissance externe débridée a vécu
Le groupe vient d'annoncer la vente imminente de sa filiale Servisair. Il se recentre sur le retraitement des métaux et des déchets. Une stratégie largement saluée par la Bourse.
Après avoir plébiscité les opérations de diversification, les analystes financiers ne jurent plus maintenant que par la concentration sur le "core business". Les dernières annonces faites par Derichebourg ne le démentiront pas. L'entreprise spécialisée dans les prestations de services environnementaux (recyclage de métaux ferreux et non ferreux, gestion de déchets industriels et ménagers) et de services aéroportuaires, vient d'annoncer la cession imminente de sa filiale Servisair (services aéroportuaires). Il se recentre ainsi sur son activité historique, celui de la ferraille. L'acquéreur est Swissport, participation de PAI depuis le début 2011.
Derichebourg fait partie de ces sociétés à qui on avait fait croire que le salut passait forcément par la croissance externe et par l'endettement. Quitte à se positionner sur des secteurs complètement parallèles. C'est ce qui est arrivé à l'entreprise dirigée par Daniel Derichebourg. Ce type de stratégie est, certes, pertinent pour profiter des différents cycles de croissance de domaines d'activité divergents. Il est toutefois très pénalisant sur le plan financier, l'endettement contracté n'étant pas toujours aisé à gérer, surtout lorsque l'on a l'appétit plus gros que le ventre et que les banques rechignent à restructurer les échéances. Et lorsque se conjuguent baisse généralisée de l'activité et difficultés à refinancer la dette, les perspectives d'avenir se retrouvent logiquement très compromises.
C'est dans ce contexte que Derichebourg a donc décidé de trancher radicalement et de revenir à ses premières amours, le recyclage de métaux et des déchets. Décision saluée à la mesure des nouvelles convictions des spécialistes de la finance : le titre a bondi de plus de 24% dès les premiers échanges. Dans l'après-midi, il s'adjugeait encore plus de 20%. Recentrage sur le métier de base, sensible réduction de l'endettement: tous les ingrédients sont effectivement réunis pour redonner quelques couleurs à cette entreprise à bout de souffle ces dernières années.
Derichebourg a récemment fait état d'un bénéfice net semestriel (octobre-mars) en chute libre de 46,9% à 7,2 millions d'euros, pénalisé par la baisse du marché des déchets industriels en Europe. Le chiffre d'affaires a reculé de façon plus limitée, cédant 2,6% à 1,71 milliard d'euros. Il faut maintenant voir si le groupe aura suffisamment de moyens pour relancer l'activité de services à l'environnement, qui subit de plein fouet les restrictions budgétaires des collectivités locales, elles-mêmes à la peine pour se financer.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi
17/09/2021 - 10:31

