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EBA, une belle victoire pour Paris dans la course au Brexit
C'est donc finalement Paris qui a été élue hier soir par les 27 ministres aux affaires européennes de l'UE, pour la relocalisation de l'Autorité bancaire européenne, au terme d'un scrutin à deux tours très serré, où Paris et Dublin étaient en tête. L'EBA, devrait donc déménager de ses bureaux de Canada Square, au coeur de Londres, dès la sortie du Royaume-Uni de l'UE, en mars 2019. Voire avant. Paris a en effet promis que les nouveaux locaux, qui seront situés à la Défense ou dans le quartier de l'Opéra, seraient prêts à accueillir l'autorité dès la seconde moitié de 2018, selon le dossier de candidature déposé en juillet dernier. Dans ce document tout en couleurs digne d'une agence de voyage, la capitale française avait tout fait pour défendre sa position, mettant en valeur son accessibilité (vols directs pour 21 des 27 capitales européennes), son offre hôtelière (87.000 chambres trois étoiles) ou encore la qualité de son système de soins et d'éducation pour les familles des employés de l'EBA.
Mais c'est sans doute l'intense lobbying politique mené par les différents ministres et les représentants de la place financière de Paris, qui a permis à la capitale de l'emporter. Mi-septembre, le secrétaire d'Etat Benjamin Grivaux lors d'une tournée à Londres, avait notamment rencontré Isabelle Vaillant, directrice de la réglementation de l'EBA, pour la convaincre de venir s'installer à Paris post-Brexit. Patrick Devedjian, président des Hauts-de-Seine, la maire de Paris Anne Hidlago et Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d'Ile-de-France ont également pris leur bâton de pèlerin pour défendre la candidature de Paris. Sans oublier le président de Paris Europlace Gérard Mestrallet, qui a affirmé hier soir suite au résultat, que "la Place de Paris, qui occupe une position leader, entend accélérer la construction d'une Europe financière plus intégrée et compétitive - priorité renforcée par la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne - afin de relancer le financement des entreprises et favoriser la croissance." Le Président Emmanuel Macron s'est également félicité du vote hier soir, en tweetant dans la foulée que le choix des 27 soulignait "l'attractivité de la place de Paris et l'engagement européen de la France".
La victoire de Paris est effectivement une très bonne nouvelle pour la capitale de l'Hexagone, qui luttait pour attirer les institutions financières de la City dans la course au Brexit. Même si ce déménagement représente finalement un nombre assez restreint de personnes (169 employés contre 897 pour l'agence européenne du médicament, qui posera ses valises à Amsterdam), il devrait permettre de créer un appel d'air et inciter des institutions financières ou gérants d'actifs à venir s'installer dans la capitale. Qui disposera donc de deux des trois autorité de surveillance du système européen de surveillance financière (SESF), l'EBA et l'ESMA (Autorité européenne des marchés financiers). Pour l'instant, seules HSBC et l'assureur britannique Chubb ont annoncé leur intention de déménager à Paris post-Brexit, quand une dizaine de banques ont de leur côté opté pour Francfort. Hier, la capitale financière allemande n'est arrivée qu'en troisième position des votes, et n'a donc pas passé le second tour. Preuve que les jeux ne sont pas encore faits et que Paris pourrait enfin rattraper son retard. La compétition entre les deux villes devrait en tout cas s'intensifier dans les prochains mois, surtout si les négociations avec le Royaume-Uni n'avancent pas. Si tel est le cas, de nombreuses autres institutions financières devraient mettre en oeuvre leur stratégie de relocalisation, sans attendre le résultat final de mars 2019.
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