LBO : les grandes sorties de Bourse ont eu la cote en 2017
Certains avaient dit qu’on ne les y reprendrait plus, et pourtant. Le rapport Preqin sur le marché mondial des LBO en 2017 démontre que dans un environnement de surliquidité, les fonds de private equity vont chercher des cibles de plus en plus grosses et notamment en Bourse. Ainsi, les volumes ont été globalement stables sur un an : 4.191 deals pour une valeur totale de 347 milliards de dollars, (contre 4.271 pour 340 milliards l’an passé), mais n’a pas réussi à dépasser à nouveau le seuil des 400 milliards de dollars comme en 2015. L’Amérique du Nord représente sans surprise la moitié du marché mondial (175 milliards de dollars), et la part des opérations à plus d’1 milliard de dollars se taille la part du lion : 69% des montants pour seulement 11% des transactions annoncées.
Mais le plus frappant est le retour des fonds de private equity vers les actifs cotés et en particulier les grandes capitalisations boursières. Parmi les 10 plus importants deals de l’année, sept sont des sorties de cote. Les fonds n’hésitent parfois pas à tirer parti de parcours boursiers erratiques pour lancer des offres à un prix d’entrée intéressant, comme cela a été le cas pour Energy Capital Partners, qui a lancé la plus grosse sortie de cote de l’année, celle de l’américain Calpine pour 17 milliards de dollars. Les fonds n’hésitent plus à mettre la main sur des fleurons cotés mais boudés par les investisseurs, comme les magasins Staples rachetés par Sycamore Partners pour près de 7 milliards de dollars en juin dernier.
Le plus gros LBO de l’année est également emblématique à plusieurs niveaux. Tout d’abord, il s’agit d’un spin-off industriel, l’activité cartes mémoire de Toshiba vendue pour 2 milliards de yens (17,6 milliards de dollars). Si cette thématique a été sur toutes les lèvres lorsque les grands groupes se sont recentrés après la crise, les grandes opérations de ce type sont rares et attirent les intérêts de tous horizons. Plus marquant encore, le fonds Bain Capital s’est donc ici associé dans un consortium au géant Apple ou encore à Seagate Technologies, parmi d’autres, afin d’emporter cette pépite industrielle. Une alliance de ce type entre les grands acteurs américains de la tech, qui sont eux aussi dépendants de leurs fournisseurs de composants, et le private equity pourrait faire des émules à l’avenir.
Autre surprise de l'année, le dynamisme de l'Asie, qui signe une année record en valeur : 175 opérations pour un total de 63 milliards de dollars. Cela est dû à deux grandes opérations emblématiques - Toshiba d'un côté et la sortie de cote de Global Logistic Properties par un groupe d'investisseurs, pour 12 milliards de dollars, qui à elles deux comptent pour plus de la moitié du marché asiatique en 2017. Il sera intéressant d'analyser le nouveau millésime et voir s'il s'agit d'une performance isolée ou si le continent est de plus en plus étudié pour des LBO.
Les sorties ont en revanche été plus moribondes cette année, à 250 milliards de dollars pour 1.674 deals selon Preqin, dans un contexte d’inflation des prix et de concurrence acerbe pour les actifs. Les fonds de private equity ont désormais plus de mal à concurrencer les industriels pour leurs offres, si bien que sept des plus importantes sorties de l’année ont été faites au profit de corporates. Un vrai défi pour les fonds LBO, qui ont levé des montants record ces dernières années et disposent d’une poudre sèche (dry powder) de plus de 1.000 milliards de dollars. L’arbitrage entre prix, levier et rendement sera à nouveau le nerf de la guerre pour déployer l’argent à disposition sans impacter les retours offerts jusqu’à présent aux Limited Partners.
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