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Pas d'inversion de la courbe du chômage selon la Commission

Si les prévisions de croissance de la Commission sont conformes à celles du gouvernement pour cette année et l'an prochain, Bruxelles est en revanche beaucoup moins optimiste que Hollande concernant le marché de l'emploi. Le chômage devrait grimper à 11,3% en 2015 selon l'institution.
Dans un contexte politique troublé, où le gouvernement est décrié pour son manque de cohérence et ses reculades à répétition, chaque semi bonne nouvelle est prestement reprise et amplifiée. Ainsi le ministre de l'Economie Pierre Moscovici s'est-il félicité ce matin des prévisions de croissance de la Commission, qui confortent celles du gouvernement; les membres de Bruxelles ont ainsi annoncé qu'ils anticipaient un PIB en hausse de 0,2% pour cette année et de 0,9% en 2014. "Ce chiffre (de 0,9%), il est crédible et même prudent et j'ai la conviction que nous pouvons faire significativement plus", a affirmé le ministre sur BFMTV et RMC. Les membres de la Commission ont notamment souligné la bonne résistance de la consommation intérieure, et ce malgré les hausses d'impôts et de TVA. Ainsi, elle devrait augmenter de 0,5% et 0,6% cette année et en 2014, notamment grâce à la très faible inflation et d'une amélioration de l'environnement économique, qui devrait davantage inciter les ménages à puiser dans leur épargne. L'amélioration de l'économie constatée depuis le troisième trimestre (hausse du PIB de 0,5% au Q3) a permis de renforcer la confiance des entreprises, come le prouvent les dernières enquêtes, poursuivent les experts de Bruxelles. Mais, malgré quelques mesures en faveur des entreprises, telle que le Crédit Impôt Recherche, la commission estime que les sociétés de l'Hexagone devraient favoriser le rétablissement de leurs mages l'an prochain plutôt que l'investissement et l'emploi. Le tournant aura sans doute lieu en 2015, où la reprise de la consommation et le rétablissement de la profitabilité des entreprises incitera à l'investissement. Les exportations devraient légèrement s'améliorer l'an prochain dans un contexte de reprise mondiale, et le solde de la balance courante passer de -1,8% du PIB à -1,5% mais les réformes visant à améliorer la compétitivité françaises ne suffiront pas à renverser la tendance et la hausse des ventes françaises demeureront inférieures à la hausse de la demande mondiale, poursuit Bruxelles. Ainsi les exportations devraient contribuer à hauteur de 0,1 point du PIB seulement l'an prochain. La Commission est en revanche nettement moins optimiste concernant le marché de l'emploi français. Alors que le président affirme toujours qu'il parviendra à inverser la courbe du chômage dès la fin de cette année, Bruxelles envisage de son côté un taux de chômage en hausse continue jusque 2015; il devrait ainsi passer de 11% en 2013 à 11,3% en 2015. "Dans un contexte de croissance très molle, les entreprises vont privilégier le rétablissement de leur compétitivité à l'embauche", estime la Commission. Les retombées des mesures mises en place par le gouvernement pour soutenir l'emploi ne devraient se faire sentir qu'en 2015, poursuit-elle. Autre sujet majeur où Bruxelles est bien plus prudent que le gouvernement: le rétablissement du déficit. Alors que les autorités se sont engagées à le ramener sous les 3% en 2015, la commission estime qu'il devrait atteindre 3,7% du PIB sans nouvelle mesure budgétaire. Le gouvernement ferait donc bien de tirer dès à présent les conclusions du rapport de Bruxelles. Si la Commission est plutôt positive, elle rappelle de façon très explicite le retard de compétitivité français, qui nuira au marché du travail dans son ensemble et au rétablissement des comptes courants.
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