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La croissance britannique met sous pression la Banque d’Angleterre
L’économie britannique va bien. Ce matin, Markit a publié ses premières estimations pour le PMI des services au Royaume-Uni : il s’affiche à 56,2 contre une estimation à 54,7. “Contre toute attente, l'année s'est bien terminée pour le secteur des services, qui a connu le trimestre le plus solide en 2016, remarque David Noble, directeur général du CIPS. Le taux global de croissance de l'activité s'est accéléré pour le troisième mois consécutif et à un rythme le plus fort depuis la mi-2015.” Ce qui fait dire à la Lloyds : “La croissance sur les six mois après le référendum est plus forte que sur les six premiers mois de l’année 2016”.
“Ces chiffres ne sont pas surprises, commente Véronique Riches-Flores, économiste. Nous sommes dans un contexte extrêmement porteur. Les PMI manufacturiers avaient déjà montré la voie.” Après le vote pour la mise en oeuvre du Brexit, le secteur des services pouvait être plus rapidement impacté. Ces chiffres montrent donc l’inverse. Au total, selon Markit, l’ensemble des PMI britanniques affiche une progression de 0,5% au quatrième trimestre 2016. “La demande domestique se porte très bien pour l’instant, constate Véronique Riches-Flores. Et les entreprises manufacturières bénéficient de l’effet de taux de change, et de manière massive, tout comme le tourisme qui a été dopé”. En effet, depuis le résultat du référendum, la livre Sterling est passée de 1,31 euro à 1,17 euro à la mi-journée, avec un plus bas à 1,0964 euro fin juin, juste avant la baisse des taux directeurs de la Banque d’Angleterre de 0,5 point mi-juillet.
“Les baisses persistantes de la livre sterling ont accru la pression sur les prix, qui ont augmenté à un rythme proche du pic de novembre et qui était le niveau le plus élevé depuis cinq ans et demi, à mesure que les prix du carburant, de l'alimentation et des salaires augmentaient, souligne pour sa part David Noble. L'optimisme des entreprises a été solide, car les entreprises ont accru leurs efforts de commercialisation et lancé de nouveaux produits grâce à l'amélioration des conditions commerciales qui se poursuivront jusqu'en 2017.” A court terme, les entreprises et l’économie Outre-manche se montrent dynamiques et optimistes.
Cependant, elles ne cachent pas non plus leurs doutes quant au maintien du rythme de cette croissance. Deux raisons à cela. D’un côté, il y a la mise en route concrète du Brexit bien sûr. “Personne ne sait à quel point le Royaume-Uni va bénéficier de Brexit à long terme, mais à court terme, certaines entreprises sont devenues réticentes à réinvestir au Royaume-Uni, suggérant une croissance réduite dans les années à venir”, s’alarme Graham Redman, économiste chez Andersons.
De l’autre côté, il y a la politique monétaire de la Banque d’Angleterre face à la remontée continue des prix. “Cet été avec la baisse de ces taux, nous avons eu l’impression d’une Banque d’Angleterre qui se précipitait, surréagissait, détaille Véronique Riches-Flores. Maintenant, nous sommes dans un contexte où l’inflation va augmenter comme partout ailleurs, où la croissance est très solide à l’exportation et où les résultats des entreprises vont sans doute être bons. Pour la Banque d’Angleterre, la question de remonter ses taux, comme l’a fait la Fed et va devoir le faire la BCE, va se poser.” Une décision loin d’être acquise. “Elle marche sur des oeufs, ajoute l’économiste. La perspective de la mise en oeuvre réelle du Brexit étant très éloignée, dans au moins deux ans, il n’est pas possible d’envisager un maintien des taux britanniques aux niveaux actuels alors qu’il y a une amélioration de l’économie mondiale.” Bref, la Banque d’Angleterre est prise entre deux feux. Celui de contenir la hausse des prix qui confirme le retour de la croissance et d’anticiper les effets négatifs du Brexit.
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