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Paris jette ses dernières cartes pour attirer les financiers londoniens
C’est sous un soleil de plomb que les dernières mesures pour renforcer l’attractivité de Paris ont été présentées aujourd’hui par le Premier ministre, Edouard Philippe. « C’est pour mieux rayonner », plaisantait un communiquant du ministère. Car c’était bien là l’objectif de cette réunion, montrer que Paris peut devenir la première place financière rayonnante dans l’Europe post-Brexit. Et pour mieux appuyer ce projet, le Premier ministre était accompagné par Anne Hidalgo, la Maire de Paris ; Valérie Précresse, Présidente de la région Ile-de-France ; Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, et Patrick Ollier, Président de la Métropole du Grand Paris. Et le projet est ambitieux car l’objectif est de concurrencer Francfort qui attire pour l’instant toutes les intentions de relocalisation de Londres. Paris, pour l’heure, n’a en effet attiré que HSBC, pour des raisons historiques et il n’y a « pas beaucoup d’autres engagements », précisait un proche du gouvernement.
C’est pourquoi, les annonces faites aujourd’hui sont un signal fort auprès des potentiels intéressés. Les premières mesures portent sur la nécessité pour la France de s’adapter au monde du travail européen. Le premier élément sur lequel s’est engagé le gouvernement est de supprimer la dernière tranche de la taxe sur les salaires. Le manque à gagner est estimé à près de 100 millions d’euros mais serait compensé par le nombre d’emplois créés par cette mesure. Une suppression demandée haut et fort par Paris Europlace qui œuvre depuis un an pour démontrer l’attractivité de la capitale, mais qui jusqu’ici était notamment bloqué par cette tranche à 20% qui concernait les hauts salaires, c’est-à-dire ceux des banques. Autre annonce ce matin, « la prise en compte des différences de salaires pour ceux qui prennent des risques », souligne ainsi Edouard Philippe, autrement dit les traders, en sortant des indemnités de licenciement les bonus différés. Une mesure qui risque de faire grincer des dents les ennemis de la finance mais qui est on ne peut plus nécessaire pour, là encore, attirer des acteurs financiers créateurs d’emplois.
Le deuxième bloc de mesures concerne les ajustements juridiques et fiscaux nécessaires pour s’assurer une place de choix en Europe. Ainsi, le gouvernement propose de simplifier la réglementation en luttant contre la surtransposition des directives européennes. C’est-à-dire, éviter de rajouter une réglementation aux transpositions européennes, afin d’assurer une équité des règles avec les autres pays de l’UE. Par ailleurs, Edouard Philippe souhaite améliorer la stabilité et la lisibilité fiscale. Souvent pointée du doigt, l’instabilité fiscale est un fardeau que porte la France depuis longtemps. Le Premier ministre a donc rappelé l’objectif de ramener le taux d’imposition sur les entreprises à 25% d’ici 2022, de la réforme de l’ISF axée uniquement sur l’immobilier et de la mise en place d’un taux unique de prélèvement sur les revenus du capital à environ 30%. Enfin, concernant la lisibilité fiscale, le gouvernement s'engage à supprimer l’extension de la taxe sur les transactions financières intraday, votée en catimini en 2016. « Cette taxe pénalise fortement la place de Paris », estime ainsi Edouard Philippe. Aucune estimation n’a été faite sur le manque à gagner de cette suppression, mais elle était un signal négatif fort pour une place financière.
Parallèlement à ces mesures purement dédiées au secteur financier, d’autres mesures ont été abordées portant plutôt sur l’accompagnement des rapatriés. Valérie Pécresse a ainsi rappelé la création de trois lycées internationaux, à Courbevoie d’ici la rentrée 2018, Saclay d’ici 2021 et Vincennes d’ici 2022. Par ailleurs, elle a confirmé que Paris serait candidate à la relocalisation de l’EBA (European Bank Authority), le régulateur bancaire européen. Aussi, deux propositions d’emplacement lui seront faites, à la Défense d’une part et dans le quartier central des affaires de Paris, d’autre part. Une dizaine de villes sont en lice pour accueillir l’EBA, parmi lesquelles sans surprise Dublin, Luxembourg ou Francfort mais des challengers sont aussi en course comme Varsovie ou Bratislava. Les dossiers de candidature seront remis en juillet et la décision devrait être prise en novembre.
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