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Sur les marchés / Régulation
L'AMF en première ligne pour surveiller les marchés de matières premières
Si l’AMF ne sait pas par quel bout prendre la surveillance du Bitcoin, qu’elle ne considère d’ailleurs pas comme une monnaie, elle a une idée précise, en revanche, de son rôle à jouer vis-à-vis des marchés dérivés de matières premières. Et pour cause : la place de Paris est très active sur certains marchés de matières premières comme celui du blé. L’Autorité des marchés financiers et FranceAgriMer ont ainsi signé hier, le 4 janvier 2018 une convention dont l’objectif est de renforcer leur coopération pour permettre au gendarme de la Bourse de mieux assurer ses nouvelles missions vis-à-vis des marchés de dérivés de matières premières agricoles et de permettre à FranceAgriMer d’assurer sa mission de connaissance et d’organisation de ces marchés.
« A la suite de la crise économique de 2007-2008, le cadre réglementaire a été renforcé et les missions de l’AMF ont été étendues à la surveillance des marchés au comptant de matières premières, lorsqu’ils sont sous-jacents de dérivés financiers. Les prix des marchés à terme sont en effet couramment utilisés comme référence sur des contrats au comptant. En conséquence, une manipulation sur le marché à terme est susceptible d’avoir un impact direct ou indirect sur les échanges commerciaux de marchandises sous-jacentes et inversement », précise l’autorité dans un communiqué paru ce jour.
La signature de cette convention formalise le cadre de coopération entre les deux signataires. Elle se traduira par des échanges réguliers d’informations à caractère économique concernant les marchés au comptant des matières premières agricoles et les contrats dérivés admis à négociation sur Euronext dont elles sont sous-jacentes.
L’occasion pour l’AMF de surveiller de près d’éventuelles infractions sur des marchés extrêmement volatiles et spéculatifs, comme tous les marchés optionnels à fort effet de levier. On sait, par ailleurs, que le gendarme de la Bourse est très remonté contre un autre marché très volatile et aux mécanismes souvent opaques vis-à-vis des particuliers : le forex, marché optionnel sur les devises. Ce que reproche surtout l’autorité à ce marché, ce sont les pratiques de certains intervenants, n’ayant pas toujours les autorisations requises pour intervenir en France et peu loquaces pour expliquer aux investisseurs particuliers la réalité des prix. Sans parler des sites qui ne remboursent jamais vraiment ceux qui souhaitent solder leurs comptes. Aux côtés de l’ACPR, l’AMF veille au grain et multiplie les alertes depuis plusieurs années.
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