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Sur les marchés
Désintermédiation : l'EuroPP est mort, vive le Schuldschein ?
Le financement des petites et moyennes entreprises est au cœur des préoccupations de tout le monde depuis environ 4 ans. Raison pour laquelle l’imagination fertile des ingénieurs et financiers de tous poils a permis de mettre sur pied de nouveaux process afin de re-développer une désintermédiation mise à mal par les dernières crises. D’où la création en 2012 de l’EuroPP, produit permettant à des entreprises moyennes et pas forcément notées d’organiser un placement privé de manière encadrée. Outil qui a vite trouvé preneurs tant les entreprises moyennes avaient du mal à boucler des financements bancaires classiques.
Mais aujourd’hui l’environnement a radicalement évolué. Les taux des crédits bancaires sont à des niveaux plancher et les établissements bancaires se sont remis à prêter volontiers, sous le regard exigeant de la BCE qui veut bien abreuver les banques de cash peu cher mais à la condition qu’elles le redistribuent abondamment. Du coup, les solutions alternatives imaginées alors n’ont plus de raison d’être. « Depuis début 2016, les financements levés sur le marché de l’EuroPP se montent à peine à 2 milliards d’euros contre 4,8 milliards sur l’ensemble de 2015 », fait remarquer Muriel Nahmias, senior director chez Redbridge, ex-BFinance, dans le cadre de l’étude annuelle de la société de conseil en financement. Et de fait, les encours de crédits bancaires sont aujourd’hui à un plus haut historique de 960 milliards d’euros, la part de la dette bancaire des entreprises se stabilisant à 60%, contre 40% pour la dette non bancaire.
Si la désintermédiation fait donc clairement une pause, cela ne signe pas pour autant la mort de l’EuroPP, comme le soulignent les responsables de Redbridge. Cet outil devrait intéresser maintenant des sociétés de plus petites tailles pour des placements revus également à la baisse, avec une moyenne de 50 millions d’euros. De fait, les plus grosses entreprises se tournent plutôt vers d’autres marchés, comme celui du Schulschein, l’équivalent allemand de l’EuroPP mais plus flexible, moins cher et disposant d’un bassin d’investisseurs plus profond. Marché qui a tellement le vent en poupe qu’il est vivement recommandé par les banques, même françaises.
Pour optimiser la dette de court terme, Redbridge vante également les mérites des TCNT (titres négociables court terme), nouvelle dénomination des billets de trésorerie. Ce marché est en train de s’élargir grâce à la réforme de la Banque de France et de nouveaux émetteurs (de toute taille) viennent l’enrichir. « Les TCNT permettent des économies significatives de frais financiers, entre 20 et 80 bps selon le taux d’utilisation des lignes bancaires et la notation implicite de l’émetteur », comment Redbridge.
De quoi renforcer encore le bilan des entreprises françaises, largement désendettées et à la tête d’un cash important, comme le révèle l’enquête réalisée auprès de 98 des 120 sociétés du SBF 120 (après exclusion des financières et foncières). A la fin 2015, ce panel a effectivement vu ses encours de trésorerie augmenter de 9,3% à 246 milliards d’euros pour une dette nette en progression de 3 ,1% à 342 milliards. Puissance de feu que les entreprises n’ont, pour l’heure, pas encore utilisé. Peur du lendemain ? Frilosité ? Manque de cibles intéressantes ? Les raisons de cette rigidité sont encore difficiles à analyser.
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