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League tables : le comeback des banques européennes ?

Les responsables de JP Morgan et Citi ont jugé dans le FT que la domination des banques américaines dans les league tables européens de la banque d’investissement touchait à sa fin. Or, les classements depuis le début de l’année ne confirment pas encore la résurgence des acteurs européens.
Podium
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Le patron de l’international de Goldman Sachs, qui a indiqué vouloir doubler les effectifs de la banque dans l’Europe continentale d’ici trois à cinq ans, sent-il que l’hégémonie des banques américaines dans le Vieux Continent touche à sa fin ? C’est en tout cas l’avis émis par deux hauts responsables de JP Morgan et de Citi dans les colonnes du Financial Times hier. Le journal britannique avait publié lundi une analyse détaillée de l’évolution des banques d’investissement mondial depuis la chute de Lehman Brothers, qui montre sans détour que les institutions américaines ont sorti leur épingle du jeu de ce grand big-bang, il y a tout juste dix ans.

Sur dix ans, quatre des cinq plus grandes banques américaines (hormis Bank of America, qui a changé de taille en achetant Merrill Lynch) ont vu leurs revenus de vente et de trading grimper de 33% et leurs revenus nets de 75%. A l’inverse, leurs concurrentes européennes ont souffert pendant cette période puisque les revenus des ventes et trading du Top 5 européen a chuté de 5% et leur résultat net a dégringolé de 56% en moyenne.

Et pourtant, Daniel Pinto, responsable du corporate et investment banking de JP Morgan, a jugé que le contexte actuel changeait et était « très concurrentiel ». « Quel que soit l’évolution des parts de marché dans le passé (entre européens et américains), cela devrait se stabiliser car notre industrie n’est plus en phase de restructuration mais en mode ‘business as usual’ » , a-t-il ainsi analysé. De son côté, Jamie Forese, qui dirige les clients institutionnels chez Citi, ne se montre pas inquiet mais «je m’attends à ce qu’elles (les banques européennes, ndlr) soient à nouveau plus fortes en Europe et elles pourraient éroder les gains que toutes les banques américaines ont engrangés en Europe ». Et de faire valoir la franchise globale de la banque, présente dans plus de 100 pays.

Les données confirment cet essoufflement des grandes banques européennes sur leur propre terrain de jeu dans les dernières années. Deutsche Bank, qui avait dominé les league tables de la banque d’investissement en Europe entre 2010 et 2013, s’est ensuite fait doubler par JP Morgan en 2014 puis a été rétrogradé en troisième position derrière Goldman Sachs en 2015, selon Dealogic. Et pour l’instant, le grand retour n’est pas à l’ordre du jour puisque la banque allemande ne se classe qu’en sixième position depuis le début de l’année ! Elle a été dépassée par la banque britannique Barclays en cinquième place, soit son meilleur score depuis la chute de Lehman Brothers.

Les banques françaises sont encore plus loin dans ce classement puisque la première d’entre elles, BNP Paribas, pointe en dixième position cette année, selon Dealogic. Elle est suivie par deux acteurs qui ne pratiquent que du conseil financier: Rothschild (12ème) et Lazard (13ème), puis par Crédit Agricole CIB (14ème), SG CIB (15ème) et Natixis (20ème). Il faudra donc encore un peu de temps pour rééquilibrer ce rapport de force et pour que les banques européennes reprennent leurs droits sur leurs marchés de référence.


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