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Suède et Finlande, les modèles de désendettement

Le secteur privé doit d'abord se défaire de sa dette pour que la croissance revienne et que l'Etat se désendette. Les Etats-Unis sont les plus avancés, mais les autres pays matures ne sont qu'au début du processus, selon McKinsey.
Dites-moi où en est votre pays dans son désendettement, je vous dirai quand il renouera avec la croissance. L'Histoire montre que le deleveraging d'un Etat passe par deux étapes, constate McKinsey. D'abord, le secteur privé se lance dans une réduction significative de sa dette. Sur cette même période, la croissance économique reste atone, voire négative, et la dette du gouvernement continue d'augmenter. Dans un second temps, le PIB repart à la hausse grâce au secteur privé, ce qui va permettre à l'Etat de réduire ses déficits. Comment les chercheurs en sont-ils arrivés à cette conclusion ? Ils ont étudié le cas de la Suède et de la Finlande. Dans les années 1990, les deux pays ont subi une bulle de crédit, qui a entraîné une dévaluation de leur monnaie (-34%) puis une récession. Quelques années plus tard, leur croissance redémarrait, rendant le désendettement des Etats possible. Où en sont nos économies matures ? Selon le rapport, leur processus de désendettement vient seulement de commencer. Les données du second semestre 2011 montrent que les dettes continuent d'augmenter, en particulier à cause des emprunts d'Etat. Seuls trois pays ont vu leurs ratios de dette sur PIB reculer : les Etats-Unis, la Corée du Sud et l'Australie. Début janvier, les Etats-Unis étaient le pays le plus proche du modèle nordique. La dette de leur secteur financier est retombée à des niveaux similaires à ceux de 2000, c'est-à-dire avant la bulle de crédit : de 57% en 2008 à 40% du PIB fin 2011. Le ratio dette sur PIB des sociétés a, lui aussi, fondu de 79% à 72%. Les ménages devraient même revenir à un niveau de dette par rapport à leur revenu disponible acceptable d'ici à mi-2013 (de 98% à 87%). Pour certaines autres économies matures, un pan entier bloque toujours : le secteur financier. Au Royaume-Uni, le déficit public continue d'augmenter et la dette privée commence à baisser. Mais le secteur financier voit sa dette se creuser : 219% fin 2011, contre 209% en 2008. Attention toutefois : la comparaison avec les modèles suédois et finlandais a ses limites (déficits moins importants, une crise non globale, plan d'austérité différent etc.). Surtout, de grosses sociétés ont boosté les exportations des deux Etats (+9,7% et 9,4%), ce qui a dopé la croissance et leur a permis de se défaire de leur dette publique. Or, pour le moment, les économies matures ne semblent pas avoir cette marge de progression pour les faire repartir dans le vert. Pour McKinsey, les pays peuvent travailler sur plusieurs "marqueurs" pour se relever. Par exemple, tous les Etats ont connu une baisse significative des investissements durant la crise et, depuis 2008, les entreprises préfèrent thésauriser. Aux Etats-Unis, les sociétés ont diminué d'un tiers leurs investissements et l'acquisition de biens immobiliers a été divisée par deux. Les pays doivent donc redonner confiance aux détenteurs de capitaux. Enfin, la politique de taux d'intérêt bas pratiquée par les banques centrales leur offre la possibilité d'investir dans les infrastructures etc. En attendant, le rapport ne peut que constater qu'aucun pays ne remplit toutes les conditions pour un retour à la croissance.
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