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Crédit : les banques jouent au yoyo
Le début de l’année 2017 commence sur un regain de confiance à court terme pour les banques. Elles ont terminé 2016 en étant extrêmement vigilantes sur leurs prises de risques d’autant que leurs marges continuaient à se réduire. Ainsi la Banque centrale européenne indique que 37% des banques de la zone euro ont participé à la troisième opération de TLTRO-II pour se permettre d’assouplir les termes et conditions des crédits accordés. Pourtant, selon l’étude mensuelle sur les prêts bancaires de la BCE, 3% des 139 banques interrogées ont indiqué avoir resserré les critères d'approbation des prêts aux entreprises. “Il s’agit du premier resserrement net depuis le quatrième trimestre de 2013”, signale la BCE. Pour les ménages, la part des banques ayant été plus regardantes sur les crédits octroyés aux ménages, a avancé de +1% pour le crédit immobilier, après un repli de -4% au troisième trimestre 2016. Elles se montraient toujours plus souples pour les autres types de crédits : l’évolution des banques ayant resserré leurs critères s’affiche en repli de -3%, après un recul de -4% pour les trois mois précédents.
Faut-il s’inquiéter de ce renforcement des critères ? La BCE répond par la négative en indiquant que cette évolution est “largement conforme aux attentes de l'enquête précédente. Les banques ont signalé un impact largement neutre de l'action réglementaire ou prudentielle sur les normes de crédit et les marges de crédit.” Surtout, l’Autorité européenne se focalise sur les prochaines semaines : “Pour le premier trimestre de 2017, les banques s'attendent à un assouplissement net des normes de crédit pour toutes les catégories de prêts.” Ainsi, parmi les 139 banques interrogées, elles sont 2% de moins à envisager des critères plus sévères concernant les entreprises, 8% de moins pour les prêts aux logements et en baisse de 5% pour les crédits à la consommation. Une perspective qui s’explique aussi par la “pression concurrentielle” selon les termes utilisés dans le rapport de l’enquête mensuelle.
Cette évolution rassure car face à une offre maîtrisée, la demande de prêts poursuit son augmentation et l’amorce d’une reprise économique devrait amplifier le mouvement. Ainsi, la demande nette de prêts aux entreprises a augmenté de 16% au cours du dernier trimestre 2016, après une hausse de 11% à l’issue du troisième. Quant à celle concernant les prêts au logement, elle progressait de +36%, après 23% de hausse trois mois plus tôt. “Le faible niveau des taux d’intérêts, les opérations de fusions-acquisitions et le refinancement de dette ont été les principaux facteurs de demande de financement de la part des entreprises”, précise la note de la BCE. Du côté des ménages, outre les taux bas, les perspectives favorables de l’immobilier et leur confiance expliquent une demande en hausse.
Mais les bonnes conditions d’accès aux crédits pourraient se limiter au seul premier trimestre 2017. En effet, les banques anticipent déjà la réduction du programme de rachats d’actifs de la BCE de 80 à 60 milliards d’euros à partir de la fin mars. Ainsi, “7% des banques s’attendent à un impact sur les normes de crédit pour les prêts aux entreprises et 46% sur les normes de crédit” au sens large, révèle la BCE. La prochaine enquête sera particulièrement intéressante sur ce point au regard des premières mesures de la croissance sur 2017 et des ajustements que pourrait décider le Conseil des gouverneurs.
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