Dette : la désintermédiation commence à faire partie des meubles
Les entreprises du SBF 120 ont davantage utilisé les marchés pour se financer en 2011. Une tendance liée aux normes de Bâle 3, mais qui n'a pour le moment pas fait de tort au crédit bancaire.
L'effet Bâle 3 commence à se faire sentir. En 2011, les entreprises du SBF 120 ont plus usé de la désintermédiation (+11% de dette obligataire) pour se financer qu'elles ne l'avaient fait l'année précédente, rapporte une étude publiée mardi par Bfinance. C'est-à-dire que les sociétés se tournent peu à peu vers les marchés obligataires, les banques prenant moins de risques, comme le leur demandent les régulateurs. Cela dit l'an passé, la dette obligataire ne s'est pas pour autant substituée au crédit bancaire.
En tout, les sociétés du SBF 120 se sont financées à hauteur de 712 milliards d'euros en dette financière. La dette tirée a représenté 75% et la dette non tirée 25%, soit une chute de 10% pour cette dernière, ce qui reflète le climat tendu de ces derniers mois. Parmi les secteurs faiblement désintermédiés : les transports et les services commerciaux et professionnels, avec des pourcentages obligataires sur dette tirée de 27,7% et de 22,1% respectivement. A l'inverse, les télécoms sont à 84,6%.
En réalité, les chiffres de dette obligataire et bancaire sont presque faussés, car, à elles seules, cinq grandes entreprises pèsent pour 34% de la dette totale, et même 43% de la dette obligataire. Il s'agit de GDF, France Télécom, Total, Veolia et EDF. C'est-à-dire que les très grandes entreprises ont "un vrai pouvoir de négociation sur ces marchés", et une "capacité extrêmement forte à imposer leurs conditions à leurs partenaires financiers".
Ainsi, le CAC 40 représente pas moins de 77% de la dette totale du SBF 120. Déjà parce que les plus "petites" entreprises ont moins besoin de financement et aussi parce que les mastodontes ont un accès au crédit bancaire plus aisé. Il y a aussi "un véritable écart en termes d'utilisation du levier financier, le ratio dette nette/EBITDA du reste du SBF120 étant sensiblement plus élevé que celui du CAC 40", précise la note.
Plus étonnant, les entreprises ont assimilé le discours des banques sans avoir fait de propres études en interne pour se renseigner sur Bâle 3. Ainsi, 48% d'entre elles se disent prêtes à payer plus de marge ou à générer plus de "side business" pour se financer via les prêteurs. Cela dit, elles sont 57% à vouloir diminuer leur profil de risque à travers une meilleure communication sur leur rating bancaire.
Les entreprises restent également très attachées au modèle relationnel (71%), qu'elles préfèrent à celui où chaque service bancaire est tarifé au plus juste. "Pourtant, le modèle relationnel fait porter le risque de comportement malthusien sur la consommation de certains services bancaires", explique Bfinance. Pour autant, dans le détail les sociétés du CAC 40 sont plus nombreuses (40%) à vouloir des financements bancaires tarifés au juste prix. Plus facile de négocier quand on a un chiffre d'affaires et des notations de crédit au-dessus de la moyenne.
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