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Sur les marchés

Changement climatique : un coût de 2 500 milliards de dollars 

Il s’agit du montant que les actifs financiers pourraient perdre sur les marchés si le réchauffement de la planète se poursuivait pour atteindre les 2,5°C d'ici à 2100, selon une étude britannique. Même si le pire peut encore être évité, dans tous les cas, les valorisations seront touchées.
Parc Monsouris - Paris - RSE - arbre
Parc Monsouris - Paris - RSE - arbre

Les autorités et les investisseurs ont bien compris que le changement climatique était un risque pour le système financier. Pour l’instant, l’attention s’est surtout focalisée sur le contrôle des émissions carbone, la réduction des investissements dans les secteurs polluants, les coûts pour les secteurs économiques directement concernés, mais moins sur les valorisations des actifs financiers dans leur globalité. Pourtant la facture risque d’être salée et ce, même si l’humanité entreprend de redresser la barre. Selon une étude britannique, publiée hier par Nature Climate Change, l’addition pourrait se monter à 2 500 milliards de dollars. Les auteurs invitent les financiers, et notamment les fonds de pension, à intégrer un peu plus cette variable inexorable.

Dans le détail, si les émissions de gaz à effet de serre faisaient grimper la température de 2,5°C par rapport à la Révolution industrielle, 1,8% de la valeur des actifs serait menacée. Ce qui correspond à 2 500 milliards de dollars. Dans le pire des cas de ce scénario (1% des chances) le coût s’élevait même à 16,9% des actifs mondiaux, soit 24 200 milliards de dollars. En outre, en limitant la hausse du thermomètre à pas plus de 2 degrés, la perte de valorisation des actifs pourrait se limiter à 1 700 milliards dans le meilleur des cas et à 13 200 milliards dans le scénario du pire. Pour mémoire, si rien n’était fait, la hausse de la température serait de 4 degrés d’ici à 2100. Les Etats se sont engagés lors de la COP21 à ne pas dépasser les 2 degrés. Néanmoins, leurs promesses actuelles pourraient ne pas permettre d’atteindre cet objectif.

« Il n’y a pas de scénario dans lequel les actifs financiers ne sont pas affectés par le changement climatique », indique ainsi Simon Dietz, professeur à la London School of Economics and Political Science. L’étude ne précise pas les domaines qui pourraient être le plus touchés. Elle précise néanmoins que les pertes pourraient être causées par la destruction d’actifs lors d’événements climatiques extrêmes ou encore par la réduction de gains pour ceux affectés par les températures importantes.

« Notre étude montre pourquoi la menace du changement climatique devrait être un enjeu important pour tous les investisseurs sur le long terme tels que les fonds de pension », estime Simon Dietz. Et d'ajouter : « Les investisseurs peuvent faire beaucoup plus pour faire la différence entre les entreprises plus ou moins exposées et peuvent aider à réduire le risque pour l'économie mondiale en soutenant une action ambitieuse sur le changement climatique ». D’ailleurs, le fonds norvégien a annoncé en début d’année exclure de son portefeuille 22 entreprises présentes dans les secteurs du charbon, des sables bitumeux et du ciment.

L’étude est loin d’être la première du genre à mettre en garde les investisseurs. Par exemple, en janvier, le Forum économique mondial a indiqué que l’une des principales menaces pour l’économie mondiale pourrait être une catastrophe causée par le changement climatique.

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