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Stress tests : la déferlante

Alors que le régulateur allemand a critiqué le calendrier et la méthode de la BCE, la Cour des comptes européenne remet en cause des stress tests passés. A l’approche des échéances, la tension est palpable.
BCE - siège - euros
BCE - siège - euros

La difficulté de l’exercice et le peu de temps imparti promettaient quelques tensions. Si les banques ont fait part depuis plusieurs mois de la masse de travail que leur demande le bilan de santé qui leur a été imposé par les régulateurs, c’est aujourd’hui l’autorité allemande qui critique ouvertement la méthode et le calendrier de la BCE, le futur superviseur bancaire unique. Pour ne rien arranger, parallèlement, la Cour des comptes européenne vient de remettre en cause les stress tests de 2011. Dans un rapport publié le 2 juillet, elle indique que l’Autorité européenne bancaire (EBA) n’avait pas les ressources nécessaires pour mener à bien ces examens.

Si les tensions sont palpables, c’est que la Banque centrale européenne a prévu de publier avant sa prise de fonction le 4 novembre prochain, les résultats de la revue de qualité des actifs (AQR). L’EBA révélera quant à elle les performances des firmes, également en octobre. Un exercice d’une ampleur inouïe qui, combiné aux stress tests annuels de l’EBA, demandent un travail colossal aux banques. Un mal pour un bien, puisque ces examens sont censés restaurer la confiance des investisseurs dans la solidité des établissements européens. Si le but est louable, la toute fraîche création de l’union bancaire oblige néanmoins la BCE à construire sa méthodologie sur le tas. D’ailleurs, dernier exemple en date de la construction de l’approche du futur superviseur : la BCE rencontrera mercredi prochain les représentants des banques pour les informer de la procédure des résultats de l’AQR.

Une pression continue et un manque de visibilité qui ont poussé la BaFin, l’autorité allemande, à réagir. « On s’est beaucoup avancé en se fixant une durée d’un an. Nous le répétons : le soin doit primer la rapidité », a déclaré Elke König, présidente du régulateur, dans les colonnes de la Börsen Zeitung. Cette dernière souhaiterait que les données collectées dans chaque banque soient mieux prises en compte. La dirigeante n’a pas hésité à agiter également le risque de réputation pour la Banque de Francfort. Est-ce à dire que la BCE et la BaFin ont des divergences essentielles ? Non, selon une réponse formulée hier par Mario Draghi, président de la BCE, qui évoque lui « certains désaccords ». Désaccords naturels quand on sait que les régulateurs nationaux doivent se coordonner avec la Banque centrale européenne sur des bases toutes neuves et dans le cadre d'intérêts communs et non plus nationaux.

La sortie de la régulatrice allemande pose une autre question : les banques germaniques craignent-elles les résultats des stress tests ? A priori, la réponse est aussi non. Selon le dernier European Banking Barometer réalisé par EY pour le premier semestre 2014 et publié le 27 juin dernier, « les banques allemandes sont les plus confiantes ». Ce sont en réalité les firmes espagnoles qui seraient les plus susceptibles d’avoir des besoins de capitaux. En tout, 22 établissements européens tableraient sur une levée de fonds propres.

Parallèlement, un rapport de la Cour des comptes européenne remet en cause les stress tests de 2011. « L’EBA n’a jamais disposé de l’effectif ni du mandat nécessaire pour garantir la fiabilité de cette opération », précise le document. Cette année-là, sur 90 établissements testés, huit ont échoué. Toutefois, l’institution souligne que ces examens ont pu encourager les banques à renforcer leurs coussins de fonds propres. Les auteurs du rapport ajoutent qu’avec la création du Mécanisme de surveillance unique (MSU), l’un des piliers de l’union bancaire, les rôles de la BCE, de l’EBA et des régulateurs nationaux pourraient devenir complexes. La Banque centrale européenne a publié un document sur la répartition des fonctions mais les experts préconisent leur précision par voie législative et des accords écrits. Un véritable marathon !

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