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Sur les marchés
Marchés : le grand chahut n’est pas terminé
Les investisseurs ont semble-t-il profité du week-end pour retrouver leur calme. Après une semaine particulièrement agitée sur les marchés où le Dow Jones et le S&P 500 ont connu leur pire performance en deux ans et perdu tous leurs gains de l’année, les indices ont largement rebondi ce lundi : le Dow Jones a gagné 1,7% et a entraîné le CAC 40 dans son sillon, qui a clôturé en hausse de 1,2%. Conséquence logique : l’indice VIX de la peur a nettement reculé, et les acteurs se sont massivement positionnés de vendeurs à acheteurs de volatilité, soit le renversement de tendance le plus important depuis 2006 selon la Commodity Futures Trading Commission (CFTC).
Alors qu’ils n’avaient pas vraiment intégré les effets du retour de la croissance aux Etats-Unis – un rebond de l’inflation et par conséquent, un resserrement monétaire plus actif de la Fed – les investisseurs ont visiblement accepté que les taux américains avaient vocation à grimper, ce qui sera défavorable aux groupes les plus endettés. « Nous ne voyons pas de panique d’aucune sorte », relève Kokou Agbo-Bloua, responsable des stratégies flux et des solutions chez SG CIB. Pour preuve, ce n’est pas la valeur refuge type, l’or, qui profite de cette correction, car les investisseurs continuent d’allouer leurs capitaux à des actifs risqués comme les actions émergentes ou la dette corporate européenne. Par exemple, le fameux spread entre obligations corporate et d’Etat américain, est resté plutôt stable. « Le marché actions a connu une nervosité plus amplifiée, tandis que si le marché obligataire anticipait que la Fed ira plus vite que prévu, les taux des Treasuries à 10 ans seraient plus élevés », fait valoir Nandini Ramakrishnan, stratégiste marchés global chez JP Morgan AM.
Par rapport aux dernières périodes d’agitation des marchés, la différence est que cette fois, elle ne concerne pas l’avenir de la zone euro ou le ralentissement chinois, mais bien les Etats-Unis. Or, dans un contexte de renouveau fiscal ou de dérégulation favorables aux entreprises, les marchés ont été particulièrement enthousiastes depuis l’élection de Donald Trump, voire aveuglés. « Il y a eu beaucoup de complaisance sur les marchés depuis un long moment, donc nous ne pensons pas que ce bouleversement sera fini en quelques jours », a ainsi déclaré Bob Prince, co-responsable des investissements chez Bridgewater Associates, le plus gros hedge fund au monde avec 160 milliards de dollars sous gestion. « Une plus grosse correction est probablement à venir », juge-t-il même.
Alors que son patron avait comparé les marchés à Boucle d’Or lors du Forum de Davos, son second est lui aussi convaincu que le retour des bourses à la réalité est inéluctable. « L’an passé, les marchés étaient en roue libre. Mais cette année, les banques centrales qui contemplaient l’idée d’augmenter les taux vont vraiment le faire. Il y aura plus de volatilité comme nous entrons dans un nouvel environnement macro-économique. » C’est également la conviction du patron de la stratégie actions de Goldman Sachs, qui a conclu dans une note adressée à ses plus gros clients vendredi : « Au final, nous n’avons pas atteint le seuil, mais vous le saurez quand vous le verrez (ou au moins 5 minutes après !). Mais sur le long terme, je pense sincèrement qu’il y a un changement de régime, celui où on ‘vend le rallye’ plutôt que ‘d’acheter le point bas’ ».
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