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Fin de partie pour Nasdaq et ICE

Les problèmes de concurrence soulevés par l'éventuelle acquisition de NYSE Euronext ont eu raison de la tentative de contre-offre.
Les actionnaires de NYSE Euronext n'auront plus beaucoup de questions à se poser lors de l'assemblée générale de juillet. Dans un communiqué laconique, Nasdaq OMX et IntercontinentalExchange ont annoncé ce matin qu'ils renonçaient à leur contre-offre sur la bourse transatlantique, qui a désormais la voie libre pour fusionner avec Deutsche Börse. C'est la fin d'un bras de fer dans lequel les groupes s'étaient engagés, tardivement et avec de sérieux handicaps. Fini le ton offensif du prédateur. Quelques jours après avoir vertement critiqué le projet de rapprochement avec Francfort dans une lettre aux actionnaires de NYSE, Nasdaq et ICE ont renoncé à leur OPA hostile. Le Department of Justice (DOJ), qui s'est penché sur les questions de concurrence soulevées par l'opération a justifié l'abandon de la partie. "L'achat aurait supprimé toute incitation à offrir des prix compétitifs, une grande qualité de service, des innovations pour les IPO, le trading et les services de données que ces bourses offrent au public et aux entreprises qui ont besoin d'un accès au marché américain". Depuis que les deux bourses s'étaient lancées de façon surprise dans la course au rachat de NYSE Euronext, un mois et demi après l'annonce de sa fusion avec Francfort, il était clair qu'avec NYSE, le Nasdaq aurait bénéficié d'un monopole sur le marché des cotations aux Etats-Unis. Pour se défendre, Nasdaq soutenait que le marché des IPO était devenu mondial. L'argument n'a pas fait mouche. Le DOJ a aussi fait valoir que sur le marché américain, Nasdaq et NYSE sont les seules bourses à offrir des services de passages d'ordre avant l'ouverture et après la fermeture du marché. Ils sont également les seuls fournisseurs de services de publication des données effectuées sur les autres plateformes d'échange. Or, cette dernière activité est "vitale pour la dissémination d'informations sur le trading hors bourse". Les questions de concurrence n'étaient pas les seules épines aux pieds des deux prédateurs. Pour convaincre les administrateurs de NYSE Euronext et, à défaut, leurs actionnaires, ils avaient promis des synergies allant jusqu'à 740 millions de dollars à la fin des trois années suivant l'acquisition. Un chiffre totalement irréaliste, aux dires de NYSE Euronext, qui estimait que pour tenir cette promesse, Nasdaq devrait couper 69% des coûts de sa cible. Les dirigeants de la bourse transatlantique n'ont eu de cesse de souligner la fragilité financière des prédateurs qui auraient financé l'opération en s'endettant. Standard & Poor's avait même placé Nasdaq OMX sous surveillance négative. Alors que les bourses sont en plein mouvement de consolidation, ICE et Nasdaq semblent momentanément hors course. Georges Ugeux, P-dg de Galileo Global Advisors et ancien vice-président du NYSE estimait dans un entretien en avril qu'en cas d'échec, les deux groupes "deviendront des proies pour des acheteurs comme le Chicago Mercantile Exchange (CME), la Bourse de Hong Kong ou l'opérateur de Sao Paolo".
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