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Le joli coup d'Eiffage

A l'heure où le groupe est montré du doigt pour l'hôpital sud-francilien, il cède quatre prisons pour 213 millions d'euros. Une première sur le marché des PPP.
Il y a tout juste un an, le conseil d'administration d'Eiffage choisissait Pierre Berger comme nouveau directeur général du groupe de BTP. Ce discret ingénieur venu de Vinci s'est vite imposé dans un groupe à la culture très particulière et où le personnel est, de loin, le premier actionnaire. Pourtant, rien ne lui a été épargné au cours de cette première année de mandat. Ni la chute du cours, dans le sillage de la tempête boursière, ni le pilonnage audiovisuel autour des problèmes sur l'hôpital sud-francilien, construit sur la base d'un partenariat public-privé, et qui sera finalement livré en parfait état, à la fin du mois de janvier. Ni la sordide histoire du Carlton de Lille, scorie de l'affaire DSK, où deux cadres d'Eiffage se sont trouvés impliqués. C'est dire si Pierre Berger, qui est un ingénieur plus à l'aise sous les volutes du futur grand stade de Lille, ou pour parler de la future Ligne à Grande Vitesse vers la Bretagne, aurait volontiers consacré plus de temps au vrai business qu'à gérer cette mauvaise publicité. Il n'empêche qu'Eiffage termine l'année sur une opération, peut-être pas spectaculaire, mais originale, et en tout cas inédite : la cession de quatre prisons construites sur la base de partenariats public-privé. En fait, la vente porte sur 80,1 % de la société titulaire du contrat de PPP, Eiffage gardant 19,9 % du capital et la maintenance des bâtiments. L'acheteur est un fonds d'investissement dénommé DG Infra Yield. Et la transaction valorise l'ensemble de ces quatre PPP à 266 millions d'euros. Ce qui est, certes, une goutte d'eau par rappport à la dette nette d'Eiffage. Cependant, il y a, de notre point de vue, trois aspects intéressants à cette opération. Primo : il s'agit de la première cession d'un PPP en France. Il y a donc un marché secondaire pour ce type de montage, ce dont beaucoup doutaient jusqu'à présent. Et cela va permettre de mieux valoriser, à l'avenir, les actifs d'Eiffage. Secundo : cette cession est positive, à la fois parce qu'elle montre que ces quatre prisons dégagent des profits, et parce que la valorisation représente environ 1,3 à 1,4 fois la "book value". Enfin tertio, cela fait rentrer du cash dans les caisses d'Eiffage, à l'aube d'une année 2012 où les conditions de financement vont se durcir pour tout le monde. Autant dire que, derrière tout le brouhaha fait autour du groupe de BTP, Pierre Berger montre là à quel point il a désormais pris à bras le corps ce groupe, avec la détermination de faire vite remonter son cours de bourse. C'est sans doute ce qui explique que les analystes financiers fixent un objectif de hausse de ... 90 % à ce titre pour les douze mois à venir !
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