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Bataille nucléaire

La loi NOME enfin adoptée, le gouvernement va fixer le prix auquel EDF devra vendre son électricité à ses concurrents comme GDF Suez.
Le gouvernement a remporté une bataille avec le vote définitif, il y a quelques heures, de la loi sur la Nouvelle organisation du marché de l'électricité. Mais le plus dur reste à faire. La loi, destinée à se conformer aux exigences européennes d'ouverture des marchés, va en effet contraindre EDF à céder jusqu'à 25% de sa production d'origine nucléaire à ses concurrents (GDF Suez, Poweo, Direct Energie...). Mais tout dépendra du prix. Or c'est le gouvernement qui devra seul, jusqu'en 2015, fixer le prix auquel EDF devra vendre ces quelque 100 millions de MWh. C'est là que le bât blesse, car tous les acteurs ont un point de vue différent. Le nouveau président d'EDF, Henri Proglio, milite depuis un an pour un prix élevé. Souhaitant 45 euros par MWh à l'origine, il se contenterait désormais de 42 euros environ pour prendre en compte tous les coûts et investissements d'EDF au sens large. Mais, ses concurrents n'auront d'intérêt à lui acheter de l'électricté que si le prix leur permet de la commercialiser avec une marge raisonnable. Ils voudraient donc un niveau de l'ordre de 37 ou 38 euros par MWh, sachant que le coût de production d'EDFqui sert de base à la détermination des tarifs réglementés est de l'ordre de 31 à 32 euros par MWh. Quant au gouvernement, à la fois actionnaire à 85% d'EDF et à 36% de GDF Suez, son principal concurrent français, il doit aussi tenir compte de l'impact politique d'une décision qui aura des conséquences sur des millions de consommateurs, particuliers et entreprises, sachant que le tarif réglementé transitoire d'ajustement au marché, mis en place après son ouverture, est de 37 euros par MWh. Or la CRE aurait calculé qu'à 42 euros par MWh, cela entraînerait une hausse tarifaire de 11% pour les particuliers et 14% pour les entreprises en 2011, suivies de hausses annuelles de 3,5% environ. En tout état de cause, c'est sans doute le consommateur qui paiera. Mais si le prix retenu est le plus élevé, ce sera probablement au seul bénéfice d'EDF car ses concurrents rechigneront à s'investir dans un marché aux marges trop faibles. Si le prix est plus modéré, on verra si une véritable concurrence a pour effet de limiter les hausses ou si la structure oligopolistique aura pour effet d'offrir de très belles marges à chacun.
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