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Sur les marchés
Les corporates US peuvent-ils créer la surprise pour leurs résultats Q2 ?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la saison des résultats trimestriels ne s’ouvre pas sous les meilleurs auspices aux Etats-Unis, entre l’interminable crise grecque et la dégringolade des Bourses Chinoises. Influencés par la hausse du dollar et de la forte chute du baril, les analystes sont d’ailleurs assez pessimistes sur les publications des corporates, qui commencent dès aujourd’hui avec les résultats d’Alcoa après-Bourse. « Nous abordons le deuxième trimestre de la même façon que le premier, avec des prévisions de baisse au niveau des revenus comme des profits », juge Christine Short, senior VP chez Estimize.
La tendance négative est surtout liée aux groupes d’énergie, sans lesquels les résultats devraient être en légère croissance. Selon les données de FactSet, les entreprises devraient annoncer une hausse moyenne de 2,2% de leurs profits trimestriels, contre une baisse de 4,5% en incluant les groupes de l’énergie, ce qui serait la première baisse de profits depuis le troisième trimestre 2012. Or, les analystes se sont déjà montrés nettement trop pessimistes au premier trimestre puisqu’ils avaient anticipé une baisse de 4,9% des bénéfices par action au total, alors qu’ils avaient gagné 0,8% et même 8,6% en excluant l’énergie.
Les difficultés pour améliorer ses résultats ne viennent en réalité pas de la capacité à améliorer ses revenus, mais plutôt de niveaux de marge déjà très élevés. «Les marges ont atteint des niveaux historiques aux Etats-Unis, à plus de 10% en moyenne sur le S&P 500, soit un pic depuis 2007. Il ne faut donc pas attendre grand chose à ce niveau au Q2 », analyse Hugues Le Maire, président de Diamant Bleu Gestion. Ce dernier anticipe une hausse de 5,2% des profits du S&P 500 sur l’année 2015, dont seulement 0,6% sur les marges mais 2,2% sur la topline.
Si la baisse du prix du baril risque d’impacter les services pétroliers avec la baisse des investissements, l’effet positif sur le pouvoir d’achat des ménages devrait se matérialiser. « Les résultats US devraient être soutenus par une consommation qui se tient », complète Hugues Le Maire. La consommation de base a déjà rebondi de 9% au Q1, tandis que la consommation discrétionnaire continue de flancher (-12%). Certains secteurs, comme les télécoms ou la santé, ont particulièrement le vent en poupe, et devraient porter le reste du marché.
Les publications de juillet pourraient soigner des marchés US perturbés par la crise grecque et l’effondrement des Bourses chinoises depuis quelques jours. « Si les profits surprennent positivement, ce qui je pense sera le cas, cela va convaincre que nous n’avons pas de problème de croissance, que les choses vont mieux qu’on le pensait, et cela devrait être positif pour les marchés actions », indique Jonathan Golub, stratégiste marchés chez RBC Capital Markets. Malgré la correction récente, les valorisations restent très élevées outre-Atlantique : le S&P s’échange à 18 fois les profits annuels publiés, contre 17,1 fois en début d’année et surtout une moyenne sur dix ans de 15,7 fois. Des résultats bien orientés, notamment du point de vue de la consommation, pourraient néanmoins donner des signaux positifs à la Fed, afin de donner le « go » de sa première hausse des taux en neuf ans.
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