Eiffage tiré d'affaires
Un an après l'arrivée de Pierre Berger, le groupe affiche des indicateurs d'activité encourageants et surtout un bon carnet de commandes. Le prochain défi tient à l'amélioration des marges.
L'année 2011 aura été un difficile baptême du feu pour Pierre Berger, arrivé au début de l'année dernière, en provenance de Vinci, comme directeur général. Il y a eu la dégradation de la conjoncture, sévère dans les métiers du BTP, la forte chute des comptes semestriels et la dégringolade du titre, les mécomptes de l'hôpital sud-francilien construit dans le cadre d'un partenariat public-privé, aujourd'hui très contesté, et enfin la mise en cause d'un dirigeant d'une filiale du groupe dans l'affaire du Carlton de Lille.
Autant dire que lorsque le marché a appris en fin de semaine dernière que le chiffre d'affaires d'Eiffage pour 2011 s'était élevé à 13,7 milliards d'euros, sans contribution de croissance externe ni d'effet de change, c'est-à-dire en phase avec les prévisions, il y a eu comme un ouf de soulagement. Un ouf marqué une seconde fois par l'annonce d'un carnet de commandes en hausse de 25 % à 13,5 milliards d'euros (dont les 2,2 milliards de la ligne à grande vitesse Bretagne-Pays de Loire). Si l'on neutralise cette commande d'un montant exceptionnel, le carnet affiche une hausse de 5,1 % et représente donc presqu'une année d'activité.
Tout cela ne préjuge en rien des résultats qui seront publiés le 23 février prochain. Mais il y a trois éléments positifs que les analystes ou les investisseurs commencent déjà à intégrer. Primo : le groupe tient ses objectifs en termes d'activité, en dépit du ralentissement économique. Secundo : le refinancement de la dette d'Eiffarie, structure de contrôle des autoroutes APRR, semble en bonne voie et la distribution d'un dividende de 1 milliard d'euros par APRR à la fin de cette semaine y participe largement. Tertio : le sujet de l'hôpital sud-francilien se résume désormais à son seul loyer annuel (42 millions d'euros). Mais il n'y a plus de situation de "blocage' avec l'Etat.
Tous ces éléments, qui peuvent paraître encore ténus, vont tous dans le bon sens et doivent désormais être corroborés par la publication des comptes et surtout les commentaires sur les perspectives et l'amélioration des marges en 2012. Mais ils suffisent déjà à expliquer pourquoi le titre Eiffage a progressé de 40 % depuis le début de l'année. De quoi mettre du baume au coeur des salariés, qui sont les premiers actionnaires d'Eiffage.
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