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Sur les marchés
Marchés : réveil douloureux en 2018, la nervosité palpable
Nouvelle année, nouvelle ère, et les investisseurs ont dû apprendre à jongler avec des marchés particulièrement nerveux dans ces trois premiers mois, ce qui a mis fin à une période historiquement longue de rallye boursier. Alors que les marchés occidentaux s’apprêtent à fermer pour le week-end pascal, les performances ne sont pas fameuses : le S&P 500 et le Dow Jones ont enregistré leur première baisse trimestrielle depuis 2015 (-1,9% et -2,8% respectivement) et le CAC 40 recule de 2,7%, malgré une belle dernière séance, en hausse de plus de 1%.
Le vent a tourné début février, après un rapport sur l’emploi pourtant particulièrement bon, avec une augmentation des salaires. Trop bon d’ailleurs, ce qui a échaudé les investisseurs, anticipant une accélération de l’inflation et de la politique de resserrement monétaire par la Fed. Les marchés ont brutalement décroché et l’indice VIX de la volatilité a doublé en une seule journée, un record historique. La raison de tout cela ? Aucune, ou plutôt, la crainte de voir cette longue période de hausse des marchés dans le plus grand calme prendre fin.
Comme à son habitude, Donald Trump a ensuite désarçonné les économistes en annonçant un arsenal de tarifs douaniers avec la plus grande agressivité, avant de revoir largement à la baisse ces mesures punitives avec ses pays partenaires, et même aujourd’hui avec la Chine. Mais le mal était fait, car les marchés n’abhorrent rien de plus que le manque d’anticipation. Cerise sur le gâteau, c’est aujourd’hui Facebook et de manière générale le secteur de la tech qui subit la nervosité des investisseurs, prêts à vendre à la moindre mauvaise nouvelle.
Le dossier Facebook est néanmoins particulièrement sensible car il touche au cœur du business model du réseau social – l’utilisation des données des membres pour des publicités – et surtout a nui profondément à la réputation du groupe de Mark Zuckerberg. De manière plus générale, le désenchantement est en cours avec la tech, qui a été le moteur de la croissance des marchés l’an passé mais pèse désormais un poids disproportionné dans le marché américain. Apple, Amazon et Alphabet représentent à eux trois 2 300 milliards de dollars, contre un total de 23 000 milliards de dollars pour le S&P 500. L’ensemble du secteur tech compte même pour 25% de l’indice, et 40% si l’on ajoute les financières, qui sont elles aussi en difficulté dans un environnement de hausse des taux.
Le problème vient de ce que la tech et les financières sont aussi les secteurs qui ont les plus fortes hausses de profits, comparé aux industrielles, à la santé ou aux biens de consommation. Dès lors, la perspective d’un rebond des marchés américains semble improbable, ce qui ajoute à la nervosité ambiante. En Europe, la situation est différente car la phase de reprise est plus récente, et les bons indicateurs macros se multiplient. Le Vieux Continent pourrait pâtir des soubresauts américains, et notamment de nouvelles élucubrations de Donald Trump sur des sujets sensibles comme l’Iran et la Corée du Nord, mais sauf cas de force majeure, elle sera plutôt le moteur des marchés occidentaux en 2018.
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