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Sur les marchés
Les assureurs comptent sur "l'euro croissance" pour financer les PME
Les assureurs sont-ils susceptibles aujourd’hui d’accompagner efficacement les PME- ETI, peuvent-ils participer à l’effort nécessaire en vue de muscler nos futurs champions de demain malgré les contraintes prudentielles que l’on connaît ? Toute la fine fleur de l’assurance française était présente ce matin au colloque organisé par la FFSA et PME Finance, en vue de répondre à ces questions.
D’abord, un constat, comme l’a rappelé Jérôme Grivet, le patron de Crédit Agricole Assurances : les assureurs sont les acteurs clefs du financement de l’économie. C’est à ce titre qu’ils se sentent particulièrement concernés par le sujet du financement des PME-ETI hexagonales. « Mais il faut bien savoir que notre rôle n’est pas d’investir en direct, mais via des fonds ou des outils spécifiques, et qu’à ce titre nous avons un besoin impérieux de partenaires et d’équipes de gestion performantes. L’objectif étant d’offrir à nos clients des rendements réguliers permanents, ce qui nous éloigne des investissements dans des entreprises prometteuses mais qui ne pourraient pas être rentables avant une dizaine d’années », a expliqué le responsable de Crédit Agricole Assurances.
Même approche chez Sylvain de Forges, directeur général délégué d’AG2R
La Mondiale, pour qui l’investissement en fonds propres ou en dette dans de
petites entreprises doit correspondre à un risque « raisonné ». Il
appelle ainsi de ses vœux le développement d’une analyse crédit digne de ce nom
susceptible de faciliter le travail des gérants, et par ricochet l’investissement
des assureurs qui veulent avoir accès à des situations financières lisibles et
simples.
Les assureurs peuvent,
certes, se prévaloir de jouer le jeu si l’on en juge par le succès de l’opération
Novo, montée par Thierry Giami de la Caisse des Dépôts, lequel a réussi à
fédérer l’ensemble de la profession pour créer un fonds de dette de 1 milliard
d’euros à destination des petites et moyennes entreprises. « Novo, c’est le
résultat d’un changement stratégique majeur, donnant aux marchés un nouveau
poids. En France, on profite d’un formidable atout : le taux d’épargne des
Français, le plus important d’Europe. Le financement des PME viendra de la
confiance qu’elles inspirent. Transformer du plomb en or, c’est possible. Pour
cela, il faut un marché efficient et élargir l’assiette globale de l’épargne pour
permettre à certains d’accepter de prendre un peu plus de risque avec les
actions », a commenté Thierry Giami.
Faut-il imposer, dès lors, des quotas d’investissement en PME aux assureurs ? Pour Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF, cela n’est certes pas la bonne réponse, de telles pratiques n’ayant jamais marché. Pour autant, Jacques Chatain, président d’Auriga Partners, est catégorique : « En France, on n’a jamais eu autant d’entrepreneurs dynamiques mais aussi jamais aussi peu d’argent à leur consacrer ». Ce que reconnaissent volontiers les assureurs, à commencer par Sylvain de Forges qui espère bien que les nouvelles initiatives en cours vont inverser la vapeur.
Parmi les outils capables de
relancer l’intérêt pour les entreprises moyennes, les nouveaux contrats d’assurance-vie
en préparation : Euro Croissance et Vie génération, dans lesquels la profession
fonde de nombreux espoirs, notamment celui-ci d’apporter un à deux milliards d’euros
d’encours supplémentaires par an et plus particulièrement sur des produits plus
risqués. « Compte tenu de la nouvelle donne démographique, les épargnants
ont une vision plus long terme et un nouvel horizon de placement. Qui milite
indéniablement pour ces outils de long terme que sont les actions », a
assuré Frédéric Lavenir de CNP Assurances.
Manifestement, les
assureurs veulent pousser plus loin les feux dans le domaine du financement des
PME-ETI. Raison pour laquelle Bernard Spitz,
président de la FFSA, a conclu le colloque en présentant trois
propositions qu’il compte défendre devant les pouvoirs publics : étendre
les financements de dette non bancaire en permettant aux holdings de
bénéficier de fonds de prêts et en rendant les placements privés moins chers ;
donner aux nouveaux contrats d’assurance vie les moyens de leur succès (Bernard
Spitz milite surtout pour l’émergence de produits simples et facilement
compréhensibles par le plus grand nombre) et enfin faciliter le recours des
assureurs au private equity. Dans ce
sens, la FFSA et l’AFIC viennent d’initier un travail commun en vue de modifier
notamment le régime comptable des FCPR.
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