Et si on supprimait le G8 ?
Les huit chefs d'état ou de gouvernement les plus puissants de la planète ont commencé à se réunir. Si au moins ils parlaient de l'essentiel !
Le G8, qui vient de débuter ses travaux à Deauville, est le lointain héritier du G5, puis du G6 créé en 1975 par Valéry Giscard d'Estaing au Château de Rambouillet. A l'époque il s'agissait, pour les principales puissances de la planète, de trouver des réponses à la crise provoquée par le premier choc pétrolier, intervenu un an plus tôt. Mais le but affiché de ces rencontres était de traiter des affaires du monde, "notamment sous leur aspect économique et financier", comme l'a récemment rappelé l'ancien président de la République.
Qu'y a-t-il, pendant deux jours, à l'agenda de ce sommet qui réunit sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Barack Obama et David Cameron, Dimitri Medvedev et Silvio Berlusconi, ou encore Angela Merkel et José Manuel Barroso? Les moyens de faciliter la transition démocratique dans les pays ayant connu "le Printemps arabe", et il sera donc nécessairement question de l'intervention en Libye, même si cela chagrine les allemands. Autre sujet incontournable du moment : la sécurité nucléaire après la catastrophe de Fukushima. Il y aura également un volet numérique, même si personne ne voit très bien sur quoi cela peut déboucher. Et bien sûr il sera question de la succession de Dominique Strauss-Kahn à la direction générale du FMI.
Cela signifie que les deux sujets les plus importants du moment, le gonflement spectaculaire de la dette publique américaine et les risques qui pèsent sur la zone euro, ne seront abordés qu'entre deux portes, lors de ces fameux apartés bilatéraux. Mais sur le communiqué final du sommet, ces deux principaux facteurs de déséquilibres de la planète occuperont deux lignes, dans le meilleur des cas.
Bien sûr, c'est toujours une bonne chose de montrer aux opinions publiques que les "grands" de ce monde se parlent, se concertent et se voient régulièrement. C'est plus rassurant que l'époque où l'on se faisait la guerre à la suite d'une dépêche mal rédigée pour savoir qui occuperait le trône d'Espagne. C'est même plus sain que la période de bouderie entre la France et les Etats-Unis, après l'affaire de l'Otan.
Il reste que si ces réunions finissent par compter plus par leur forme - la photo, les anecdotes, le communiqué écrit une semaine à l'avance par les sherpas - que par le fond des questions qui y sont abordées, mieux vaut les abandonner et trouver une nouvelle forme de gouvernance mondiale.
En 2008, les allemands avaient proposé la création d'un conseil de sécurité économique calqué sur le modèle du conseil de sécurité des Nations-Unies. Cette idée mériterait d'être remise au goût du jour, à un moment où les montagnes de dettes publiques risquent de faire exploser à la hausse les taux d'intérêt. A un moment surtout où la dévaluation du dollar montre à quel point les égoïsmes nationaux ont toujours tendance à l'emporter sur l'intérêt général de la planète.
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17/09/2021 - 10:31

