Stress tests américains : les banques recalées n'ont pas dit leur dernier mot
Il y a les établissements prudents, comme Bank of America, qui ont réussi leur examen mais qui ne comptent pas augmenter les dividendes. Citigroup, qui a échoué, va présenter un nouveau plan à la Fed.
Les banques américaines vont bien mieux qu'en 2009. Même avec 13% de chômage, 50% de baisse du prix des actions et une chute de 21% du marché immobilier sur la période, les grands établissements du pays conserveraient un cousin de capital suffisant, selon la Réserve Fédérale américaine. Les 15 élèves ayant réussi ces stress tests sont depuis hier autorisés par l'institution à augmenter leurs dividendes et à se lancer dans des rachats d'actions. Les recalés, Citigroup, Metlife, SunTrust et Ally Financial, vont, eux, revoir leur copie mais pour le moment, ne sont pas tenues d'augmenter leurs coussins de fonds propres.
Le scénario de crise profonde imaginé par la Fed se déroulait sur une période de neuf trimestres. Pour être dans les clous, les banques devaient maintenir un ratio de capital de 5% minimum. Pari globalement réussi puisque les banques passeraient en moyenne d'un ratio de 10,1% au troisième trimestre 2011 à un coussin de 6,3% au quatrième trimestre 2013.
Que vont faire les ajournées? Citigroup, qui n'a atteint que 4,9% de Core Tier one lors des tests, va présenter à la Fed un plan révisé de redistribution de ses bénéfices (les calculs de la Réserve américaine prenaient en compte les velléités de rémunération des actionnaires pour 2011). Selon les estimations du FT Alphaville, pour atteindre un CTO de 5%, la banque ne devra pas verser plus de 1 milliard de dollars de dividendes, contre les 10 milliards envisagés.
Autre déçu : Metlife. Le seul assureur de la liste a fait savoir par le biais d'un communiqué que la méthodologie utilisée par la Fed pour évaluer le secteur bancaire n'était pas strictement applicable au secteur auquel il appartient. L'entité, qui a atteint 5,1% de CTO, avait demandé l'autorisation à la Fed de racheter pour 2 milliards d'actions et d'augmenter son dividende annuel de 74 cents.
Du côté des soulagés, les projets varient. JPMorgan a annoncé dès hier (alors que les résultats des stress tests ne devaient être connus que jeudi) qu'elle comptait augmenter son dividende trimestriel de 20%. La banque pourrait également racheter pour 15 milliards de dollars de titres, dont 12 milliards cette année. Goldman Sachs devrait, elle, racheter des actions ordinaires et "augmenter potentiellement" ses dividendes au quatrième trimestre 2011. Keycorp envisageait de racheter pour 344 millions de dollars de titres. En ce qui concerne les dividendes, son conseil statuera en mai.
Pour leur part, Morgan Stanley et Capital One Financial Corp ne devraient adopter aucun de ces deux schémas. La première parce qu'elle souhaite acquérir en cash 14% supplémentaires de sa filiale de courtage et de gestion d'actifs, Smith Barney ". La seconde parce qu'elle a annoncé récemment deux acquisitions, lesquelles devraient d'ailleurs booster son niveau de capital.
L'établissement le plus prudent reste Bank of America, qui n'avait pas demandé d'autorisation pour toucher à son capital. De nombreuses voix s'élèvent d'ailleurs outre-Altantique pour regretter que cette sagesse n'ait pas été plus partagée et que la Fed cautionne une diminution des fonds propres dans cette période encore troublée.
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