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Les actionnaires des banques américaines touchent le jackpot
C’est une très bonne nouvelle pour les banques US : les 34 institutions financières ont passé les deux parties, quantitative et qualitative, des stress tests menés par la Fed, et ce pour la première fois depuis leur début il y a sept ans. Cette dernière a donné les résultats de cette deuxième étape hier : seules deux institutions ont obtenu un feu vert sous conditions. American Express a ainsi été validé après avoir accepté de baisser le montant de son dividende, tandis que Capital One devra à nouveau soumettre un plan d’ici à la fin de l’année pour s’assurer qu’il est bien sur les rails.
Grâce à cet assentiment, les banques ont pu officialiser les programmes de distribution envisagés. Et ils sont très généreux : selon la Réserve Fédérale, les acteurs testés ont prévu de retourner près de 100% des profits attendus l’an prochain, contre 65% l’an passé, soit les distributions les plus généreuses en dix ans. Citigroup a en particulier sorti la grosse artillerie : la banque a prévu de doubler son dividende et de dépenser 18,9 milliards de dollars au total en dividendes et rachats d’actions dans les douze prochains mois. Cela représente 130% des profits attendus par le consensus des analystes, alors que ce ratio atteignait 88% l’an passé. Une belle revanche pour l’institution emmenée par Michael Corbat, qui avait échoué aux stress tests en 2012 puis 2014, ce qui avait compromis ses plans de distribution.
De son côté, Bank of America a décidé de racheter 12,9 milliards de dollars de titres et d’augmenter de 60% son dividende (soit 1,2 milliard de dollars au total). Cela est surtout une aubaine car le dividende est au-dessus d’un seuil fixé par Berkshire Hathaway, la firme de Warren Buffett, pour convertir ses actions de préférence en titres. L’oracle d’Omaha est donc sur le point de devenir le premier actionnaire de Bank of America, la deuxième banque du pays, lui qui est déjà le premier porteur de titres du numéro trois, Wells Fargo. La première banque du pays, JP Morgan, a également relevé de 12% son dividende annuel et lancé le rachat de parts pour 19,4 milliards de dollars. «Nous sommes satisfaits d’augmenter encore les retours de capitaux pour nos actionnaires, tout en continuant à investir dans nos activités », a déclaré Jamie Dimon, CEO de la banque et proche conseiller de Donald Trump.
Si elles avaient montré une légère fragilité au niveau du leverage ratio lors des premiers stress tests, Morgan Stanley et Goldman Sachs n’ont finalement pas été inquiétées par la Fed lors de cette deuxième revue. Morgan Stanley a ainsi pu annoncer son projet de racheter 5 milliards de dollars de titres et d’augmenter son dividende de 25%. Goldman Sachs a été la seule à ne pas détailler son programme de distribution : elle a seulement publié une déclaration auprès de la SEC, indiquant avoir passé le couperet de l’institution emmenée par Janet Yellen.
La grande majorité des institutions a plutôt choisi la transparence, et même un certain goût de revanche dans ces annonces. « Le minimum absolu est qu’il n’y ait pas plus de capital dans ces activités. Il ne devrait pas y en avoir et il n’y en a pas », a ainsi lancé James Gorman, le patron de Morgan Stanley. Le responsable de la Fed en charge des stress tests, Jerome Powell, a lui-même déclaré qu’ils avaient « motivé toutes les grandes banques à atteindre des niveaux de capitaux sains ». Très proche des patrons de banques, Donald Trump a d’ailleurs lancé le chantier de la dérégulation, qui passe notamment par un allègement des stress tests. Les banques qui ont investi des milliards en gestion des risques et compliance n’en attendaient pas tant, mais elles peuvent déjà en bénéficier avec l’emballement de leurs cours de Bourse.
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