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Deutsche Bank suspendue aux élections américaines
Deutsche Bank doit se montrer patiente. En tout cas jusqu’aux élections présidentielles aux Etats-Unis. En effet, selon Sky News, des représentants du ministère américain de la Justice auraient laissé entendre que le processus de fixation du montant des amendes, qui vise Deutsche Bank, Crédit Suisse et Barclays, pourrait s’achever après les élections du 8 novembre. Cela veut dire pour les trois banques, que leurs litiges en cours risquent de ne pas être totalement bouclés d’ici à la fin de l’année. Certains observateurs américains, plutôt optimistes, avaient indiqué le mois dernier que les régulateurs américains souhaitaient finaliser les négociations avec ces trois établissements dans le mois. Il est surement plus probable que les annonces du département de la Justice interviendront effectivement dans les prochains mois. Deutsche Bank est évidemment celle qui suscite le plus d’interrogations. En partant de 14 milliards de dollars (12,5 milliards d’euros) d’amende, cette dernière pourrait toutefois être revue à la baisse. Mais dans quelle proportion ? Le chiffre de 5,5 milliards de dollars avait circulé fin septembre, dévoilé par l’AFP mais non confirmé par ailleurs, ni par la banque, ni par les autorités américaines, ni même par d’autres journaux. La question de la somme négociée au final reste donc entière.
Ce qui est certain, c’est que la banque, qui présente ses résultats trimestriels demain, est attendue au tournant, les investisseurs souhaitant au moins un commentaire sur l’avancée des négociations. Car le marché attend désespérément des réponses face à cette somme colossale réclamée par la justice américaine. La banque est-elle capable de payer ? L’Etat Allemand viendra-t-il au chevet de son fleuron bancaire si celui-ci devait se retrouver dans une position délicate ? Autant de questions qui ont fait plonger le titre Deutsche Bank, le cours ayant touché son plus bas historique à 9,90 euros fin septembre. Car même si le bilan de la banque est sain, Deutsche Bank souffre depuis plusieurs années d’une activité maussade qui ne permet pas d’anticiper à court terme un matelas de fonds disponibles lui permettant de débourser 14 milliards de dollars.
Evidemment, pour anticiper l’ensemble des 8.000 litiges auxquels est confrontée la banque à travers le monde, l’établissement a déjà provisionné 5,5 milliards d’euros pour risques juridiques au 30 juin dernier. Mais ce montant semble ridicule face au montant demandé aux Etats-Unis et aux millions que la banque ne cesse de payer pour éteindre les différents litiges. Dernier exemple en date : le versement de 38 millions de dollars pour mettre fin aux accusations de manipulation du cours de métaux précieux aux Etats-Unis. Mais dans les litiges en attente, il y a aussi celui la mettant en cause pour blanchiment de fonds en provenance de Russie, une affaire qui pourrait lui coûter 2,5 milliards d’euros. Il faudra donc scruter ce poste dans le compte de résultat, afin d’essayer de comprendre, comment l'établissement anticipe les prochains mois. Sans oublier que ces provisions pour charges exceptionnelles ont un impact important sur l’ensemble de la banque. En effet, Deutsche Bank a enregistré sur l’année 2015 un déficit de 6 milliards d’euros, principalement liés à une augmentation de ces provisions.
Les résultats annoncés demain permettront aussi au marché de faire un point d’étape de la restructuration de ses activités entamée depuis plusieurs mois. En effet, du coté opérationnel, Deutsche Bank s’est engagée dans une chasse aux coûts, entraînant une baisse de ses effectifs de 9.000 personnes et la fermeture de 200 filiales en Allemagne. Autre point scruté de près, l’activité de banque de marché. Ses concurrents américains ont en effet annoncé de très bons résultats sur le troisième trimestre dans ces activités. A une époque, la banque Allemande rivalisait avec elles, qu’en est-il aujourd’hui ? Enfin, le groupe travaille aussi au renforcement de ses fonds propres et devrait faire le point sur les cessions qu'il souhaite entamer, aussi bien aux Etats-Unis que sur son marché local avec le sujet Postbank que la banque avait annoncé vouloir vendre ou introduire en Bourse et qui pourrait, au final, être plutôt intégré.
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