Un poulain de Xavier Niel entre en Bourse
Le nom de Xavier Niel pourrait bien attirer la curiosité des investisseurs pour cette nouvelle IPO à la Bourse de Paris, lui qui a introduit Iliad en 2004 au prix de 16,30 euros par action, le titre en valant désormais… 232 euros ! Le trublion des télécoms est en effet actionnaire à 8% d’Ateme, un acteur pointu dans le marché de la compression vidéo qui frappe aujourd’hui à la porte de la Bourse de Paris. Ce dernier a fixé une fourchette de prix comprise entre 3,64 et 4,44 euros par action, et espère ainsi lever entre 10 et 14,5 millions d’euros. Il est déjà largement soutenu dans cette démarche par ses fonds actionnaires, qui lui ont apporté 16 millions d’euros lors de ses cinq tours de table précédents: Ventech, Naxicap Partners, A Plus Finance, XAnge Private Equity et Xavier Niel ont consenti à souscrire pour 35% de l’offre.
Car l’entreprise a de sérieux atouts dans le domaine de l’encodage et du décodage dans la vidéo numérique. Elle collabore directement avec les grandes chaînes de télévision, les producteurs de contenu et les opérateurs de TV payante, et leur apporte des solutions de compression vidéo pour des contenus TV, des catalogues de vidéo à la demande ou des bouquets de chaînes. Il détient une position de choix plus particulièrement dans les événements sportifs, et équipe ainsi plus de la moitié des encodeurs si précieux à la diffusion de la Coupe du Monde !
Ateme intervient plus précisément sur deux marchés : l’acheminement du signal vidéo pour les producteurs de contenu, puis la diffusion de flux vidéo en temps réel ou de fichiers pour les opérateurs de TV payante. Ils ont respectivement progressé de 10% et 13% en 2014, soit un marché global de plus de 900 millions d’euros, qui devrait atteindre 1,4 milliard d’euros à horizon 2018 ! La société compte également capter la migration de ses clients vers la nouvelle technologie baptisée HEVC, plus efficace de 50% dans la compression, et qui se chiffrera à lui seul à 500 millions d’euros d’ici à 2018.
Un créneau très porteur, sur lequel Ateme veut aujourd’hui avoir les moyens de ses ambitions. Le groupe a généré 20,6 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé, en hausse de 15%, dont la moitié en Europe, et le reste réparti sur les trois continents et 60 pays au total, mais est tombé dans le rouge du fait d’investissements importants en R&D. Aujourd’hui, la société est sous-capitalisée, avec des fonds propres inférieurs à 30% du bilan, et a besoin de cet argent frais pour tripler sa part de marché à 7-8% dans les cinq ans. Gilbert Dupont, chef de file de l’IPO, anticipe des revenus proches de 100 millions d‘euros en 2018 et l’atteinte du point mort en 2016, et la société elle-même prévoit de dégager une marge opérationnelle à deux chiffres deux ans plus tard.
Pour cette pépite de croissance, la capitalisation boursière attendue serait de 38,6 millions d’euros au prix médian, avant exercice de la clause d’extension et de l’option de surallocation, soit 1,5 fois le chiffre d’affaires 2014 attendu par l’analyste, sensiblement le même multiple que son unique comparable boursier pure player, l’américain Harmonic. Une valorisation raisonnable pour un acteur de niche, dans un marché où la vidéo représentera 73% du trafic Internet mondial en 2017. Comme pour Free, Xavier Niel a tout compris en participant à l’IPO d’Ateme.
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