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Série d'été : Allen & Overy, le goût de la belle vitrine

Le cabinet compte 120 avocats dont 28 sur le seul département M&A. Malgré la crise, il réussit à maintenir des liens étroits avec ses grands clients, dont EADS, Vivendi, Accor ou Unibail Rodamco.
En arrivant de Clifford Chance chez Allen & Overy il y a trois ans, Marcus Billam, associé du cabinet, grand spécialiste des "fusacs", avait une idée bien précise en tête. Participer activement à l'essor de cette entreprise à la renommée mondiale et venue s'installer en France voici dix ans. Son objectif était de faire venir avec lui d'autres compétences, d'autres pointures du barreau afin de doter la maison de tous les domaines d'activité les plus demandés. "Pour attirer la clientèle, il faut une belle vitrine. Celle-ci s'acquiert par l'adjonction d'experts pointus et la volonté de travailler ensemble, sans additionner des individualités qui ne feront pas bouger les curseurs. L'idée étant de trouver un bon équilibre entre le modèle français qui fonctionne avec des stars, et celui américain où tous les avocats sont considérés comme des personnalités lambdas", lance Marcus Billam. Aujourd'hui, Allen & Overy en France, c'est 120 avocats dont 30 associés. C'est une activité scindée en trois sous-segments assez équitablement répartis : un tiers sur les produits bancaires, un tiers sur les M&A et le dernier tiers sur le contentieux, la fiscalité et la propriété intellectuelle. C'est une équipe soudée, composée notamment de Jean-Claude Rivalland, associé-gérant, Denis Chemla, Marc Castagnède, Laetitia Bénard ou Jean-Marc Casalta, spécialiste en droit immobilier. Pôle que le cabinet souhaite d'ailleurs développer. En 2012, il revendique un chiffre d'affaires en hausse de 23% sur le précédent, qui s'était déjà inscrit en progrès de 15% sur 2010. Oui mais voilà. La crise commence vraiment à se faire ressentir parmi tous les cabinets d'avocats, faute d'opérations de fusions-acquisitions, faute de clients prêts à en découdre pour faire entendre leur bonne foi et leur bon droit. Si le premier semestre s'est révélé assez dynamique pour les équipes d'Allen & Overy, le deuxième semble plus incertain. A moins que les opérations annoncées depuis le début de l'été ne donnent des idées à d'autres protagonistes, ceux-ci attendant souvent que le voisin entame le bal avant de se lancer dans la danse. "C'est la première fois que je vois un contexte aussi dégradé sur une aussi longue période. Cela devrait laisser des traces au sein de très nombreux cabinets. Sans remettre en question le modèle des petites boutiques qui fonctionnent autour d'une équipe d'avocats très réduite et très proche des clients avec lesquels elles travaillent", ajoute Marcus Billam. Cela n'est certes pas le business model d'Allen & Overy qui, malgré les conditions actuelles, voudrait bien se renforcer de manière opportuniste. L'équipe M&A du cabinet compte actuellement 28 avocats dont 7 associés. Les principaux clients : Vivendi, EADS, Accor, Carrefour, Blue Capital, General Electric ou Unibail Rodamco avec lequel le cabinet a tissé des liens très étroits, traitant pratiquement 70% des deals réalisés par le leader européen de l'immobilier. Une rente assurée, le groupe aujourd'hui dirigé par Christophe Cuvillier étant particulièrement actif en France mais aussi dans le reste de l'Europe en termes de transactions, qui nécessitent des émissions de titres tout aussi fréquentes. Reste à convaincre tout le monde de reprendre le chemin des affaires.
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