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Indicateurs macros / Macro-économie

La croissance s’accélère dans la zone euro

L’indice PMI Markit Composite à fin décembre dépasse les estimations et montre une croissance plus soutenue sur la fin 2016 pour la zone euro. Les pays européens ont clairement bénéficié de la faiblesse de l’Euro face au dollar.
actions - euro
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“Les données PMI finales signalent une croissance économique de la zone euro encore plus soutenue que ne le suggérait leur estimation flash pour cette fin d’année 2016, résume dans son commentaire Chris Williamson, économiste chez IHS Markit. Conformes à une hausse du PIB de l’ordre de 0,4 % au quatrième trimestre 2016, les dernières données PMI mettent en évidence une accélération de la croissance en décembre, l’activité enregistrant en effet sa plus forte hausse depuis plus de cinq ans et demi.” Concrètement, l’indice PMI final composite de l’activité globale dans l’Eurozone s’affiche à 54,4 contre 53,9 en novembre. Cela fait 67 mois que cet indice n’avait pas atteint ce niveau, c’est-à-dire depuis le milieu de 2010 et en 2011. Cela vient d'une accélération de la production du secteur manufacturier mais aussi des services. Pour ces derniers, l’indice final de l’activité sur l’Eurozone s’affiche pour décembre à 53,7 contre un consensus à 53,1.

“Ce sont des chiffres encourageants au regard de la politique menée par la BCE, déclare Daniel Morris, stratégiste chez BNP Paribas Investment Partners, à Wansquare. La réduction de son programme de rachat d’actifs pouvait être un risque sur l’économie face à une remontée des taux réels. En fait, la croissance apparaît non seulement stable mais elle s’accélère.” Gustavo Horenstein, gérant et économiste chez Dorval AM complète : “Les chiffres de la croissance s’améliorent depuis un certain temps. Il y a une réaccélération au niveau mondial depuis plusieurs mois avec un point bas à l’été 2016 et à laquelle l’Europe participe”.

Dans le détail, Markit qui établit l’indice PMI de la zone euro précise ainsi que “l’activité progresse dans les quatre principales économies de la zone de la monnaie unique en décembre, l’Espagne prenant la tête du classement des pays par niveau d’Indice PMI (plus fort taux d’expansion depuis 6 mois), suivie de l’Allemagne (plus haut de 5 mois). En France, la croissance atteint son plus haut niveau depuis 18 mois, son rythme restant toutefois inférieur à la moyenne observée dans la région. L’Italie est le seul pays à signaler un ralentissement de la hausse de l’activité”. Leurs indices PMI s’affichent en décembre respectivement à 55,5 (le plus haut depuis 6 mois), à 55,2 (le plus haut depuis 5 mois), à 53,1 (le plus haut depuis 18 mois) et à 52,9 (le plus haut depuis 2 mois).

“Il faut noter la résistance de tous ces chiffres de conjoncture aux chocs et aux surprises politiques qui ont eu lieu en 2016, souligne Gustavo Horenstein. Le Brexit, l’élection de Trump ou encore le référendum italien n’ont pas d’impact sur la conjoncture. Ce qui montre que l’économie n’est pas aussi sensible que cela aux risques politiques tant qu’ils ne sont pas un risque systémique majeur comme l’arrivée d’un gouvernement anti-européen qui prône une sortie de la zone euro.” Une opinion partagée par Chris Williamson pour qui le climat politique incertain semble “avoir peu d’impact sur la confiance des entreprises. Les prestataires de services – qui, en cas de troubles politiques, seraient certainement les plus exposés – affichent en effet l’un de leurs plus forts degrés d’optimisme depuis plus de cinq ans.”

Et pour cause, la croissance des pays européens s’appuie sur des fondamentaux encourageants. Par exemple, “le volume des affaires en cours augmente pour le 19ème mois consécutif”, rapporte Markit. Une évolution favorable à la création d’emploi. “Les effectifs augmentent à un rythme soutenu en Allemagne et en Espagne, tandis que la France et l’Italie signalent de très légères créations de postes au cours du mois”, ajoutent les analyses de Markit.

La faiblesse de l’euro face au dollar n’est pas étrangère à l’accélération de la croissance dans la zone euro souligne Markit. Elle favorise les exportations de biens manufacturiers et la demande de services comme le tourisme. “L’euro participe à cette amélioration, confirme Dorval AM. Mais ce n’est pas que cela. La baisse de l’euro, la chute des cours du pétrole, la politique monétaire de la BCE… tous ces éléments participent et donnent l’impulsion. Aujourd’hui, vu la résistance des chiffres, de leur amélioration continue, il semble que cela est auto-entretenu. Et le rebond du pétrole, tant qu’il reste modéré, ne devrait pas remettre en cause la croissance.”

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