Comment les entreprises partent à l'assaut des énergies renouvelables
La transition énergétique, une tarte à la crème, sans réel accompagnement de la part des pouvoirs publics ? Ceux qui en parlent le mieux, ce sont les industriels confrontés, au quotidien, aux évolutions réglementaires, aux différents lobbys et aux discours politiques fluctuants. A les écouter pourtant, il semble que la COP 21 ait insufflé une véritable impulsion et que toutes les parties prenantes soient aujourd’hui sur la même longueur d’onde pour développer une énergie alternative, écologique et durable. C’est dans cet esprit que des instances publiques multiplient les initiatives en vue de développer le solaire et l’éolien.
Les enjeux sont de taille puisque cette stratégie s’inscrit dans la volonté politique de réduire drastiquement la production d’énergie nucléaire. Mais ces énergies ne partent pas avec les mêmes atouts ni les mêmes inconvénients. S’il est possible de monter des projets de grande envergure dans le solaire, ce n’est pas le cas pour l’éolien compte tenu de la taille des pièces à monter et leur coût. En revanche si les éoliennes (surtout off-shore) bénéficient de conditions de production stables compte tenu de la récurrence du vent, il n’en va pas de même pour le solaire, la production s’arrêtant quand il fait nuit. « Cette énergie fera un pas de géant lorsque le problème du stockage de l’électricité sera résolu. Pour l’instant ce n’est pas le cas », soutient Vincent Levita, patron du fonds d’infrastructures InfraVia qui fait également remarquer que les projets éoliens sont aussi longuement et très fréquemment retardés par des recours. Pour lui, le business model de cette industrie a toutefois largement évolué lui permettant d’être enfin compétitive. Et c’est là d’ailleurs où les fonds d’infrastructures trouvent toute leur légitimité dans la mesure où ils arrivent en renfort des instances publiques à la recherche de capitaux pour financer des projets d’intérêt général. « Nous avons aujourd’hui l’impression que les pouvoirs publics s’attèlent à donner des gages de stabilité. Ce qui est un signal très positif pour nous. Nous privilégions actuellement les projets solaires car ils sont plus simples à monter. Mais nous nous intéresserons très certainement aussi à des projets éoliens », affirme le patron d’InfraVia qui a déjà levé près de 2 milliards d’euros via ses fonds.
D’autres grands industriels font également le pari des énergies renouvelables. C’est le cas notamment d’Engie depuis l’arrivée d’Isabelle Kocher à sa tête. «C’est une véritable volonté stratégique de notre part. Pour ce faire, nous avons décidé de regrouper toutes nos participations dans ce secteur et de les intégrer afin de créer une seule entité, Engie Green, et d’y concentrer nos efforts. De la sorte, nous sommes plus forts pour les différents appels d’offres et parlons d’une seule voix », explique Gwénaelle Huet, directrice générale de la Business Unit France Renouvelable d’Engie. Concentration qui porte déjà ses fruits puisque la société est numéro un français dans le solaire et l’éolien terrestre. «Face aux énormes besoins français, nous avons d’ailleurs décidé d’accélérer et allons présenter un grand nombre de projets aux appels d’offre solaire et éolien. Cette accélération est cruciale et urgente compte tenu de la durée de développement des projets, en moyenne 7 ans à partir du succès de l’appel d’offre dans l’éolien terrestre », souligne la responsable d’Engie. Dans l’éolien off-shore, plus compliqué à mettre en œuvre, les délais peuvent être encore plus longs, comme souligné dans le plan Hulot qui vise une simplification sur ces projets. « Dans ce contexte, compte tenu de nos succès, nous pensons doubler nos capacités de production dans l’éolien d’ici à 2021 et les tripler, voire quadrupler dans le solaire, avec 3 GW à construire en 5 ans », ajoute-t-elle.
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