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TTF : le nouveau commissaire aux services financiers est bien britannique !

Alors qu’il prendra ses fonctions samedi, Lord Hill s’est déjà démarqué de Jean-Claude Juncker sur la taxe sur les transactions financières européenne. Il estime que celle-ci doit être mise en place au moins au niveau mondial.
Jonathan Hill
Jonathan Hill

Le nouveau commissaire européen aux services financiers n’aura pas attendu longtemps pour faire ressortir le « British » qui est en lui. En effet, Jonathan Hill -qui prendra ses fonctions le 1er novembre au sein de la Commission Juncker- s’est déjà démarqué de son futur patron. Et pas avec n’importe quel sujet : la taxe sur les transactions financières (TTF) européenne. « A mon sens, s’il devait y en avoir une cela devrait se faire au niveau mondial », a-t-il déclaré mercredi devant le Comité de contrôle de la Chambre des communes britannique. Une position qui reflète bien celle de la Grande-Bretagne et qui ne devrait pas apaiser les craintes de certains Européens, qui redoutent que le Lord ne se fasse le porte-parole de la City.

Cette déclaration intervient alors que les ministres des Finances devraient discuter début novembre des modalités de mise en place de la TTF à l’échelle des 11 Etats membres qui en ont fait la demande. Les pays espèrent pouvoir se mettre d’accord sur les champs qui seront couvert par la taxe d’ici à la fin de l’année. Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui s’était montré circonspect sur une taxe financière en 2012 fait dorénavant partie de ses défenseurs. Le Luxembourgeois a ainsi confié le dossier à Pierre Moscovici, futur commissaire aux affaires économiques, qui a depuis indiqué que certains dérivés devraient être taxés, position en contradiction avec celle de la France.

Si les Anglais auraient préféré que la question soit traitée par leur poulain, cette répartition du portefeuille a permis à Lord Hill de botter en touche lors de son audition devant le Parlement européen. Les eurodéputés n’ont en effet pas manqué de demander au conservateur britannique son opinion sur la TTF. Rappelons que la Cour de justice de l’UE a rejeté en avril le recours de Londres contre la Taxe Tobin. « C’est de la responsabilité de M. Moscovici », leur avait-il alors rétorqué. Ce qui avait valu au candidat un écrit de rattrapage, lequel lui a permis finalement d’être validé à son poste par l’Hémicycle. Et ce n’est d’ailleurs pas le seul volet sensible pour la City que Jean-Claude Juncker n’a pas attribué à Jonathan Hill : les rémunérations des banquiers ont été confiées à la commissaire à la justice. Un camouflet pour le gouvernement Cameron, qui a saisi la justice européenne à propos de l’encadrement des variables de l’industrie financière en septembre 2013. 

« Je voudrais aborder (le débat de la TTF) à travers le prisme de la stabilité financière et des marchés financiers », a expliqué Jonathan Hill devant le Comité de contrôle. Et d’ajouter que cette question « hautement controversée » serait discutée à la nouvelle Commission. Le Telegrah rapporte que les parlementaires britanniques ont qualifié de « cadeau empoisonné » le rôle que Hill aurait à jouer, en incarnant le pont entre le Vieux Continent et l'Ile. « Je pense qu’il y a des domaines où il y a besoin d’une plus grande régulation, les questions liées au too big to fail (trop gros pour faire faillite) en sont », a affirmé Lord Hill.

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