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Régime sans sel

ING Direct USA, vendue à contre-coeur par sa maison mère, suscite suffisamment d'intérêt pour que l'opération permette au groupe d'accélérer son redressement.
Les sanctions les plus dures ne sont pas toujours les plus pénibles. Condamné à réduire son bilan de moitié pour avoir commis des turpitudes financières ayant nécessité l'octroi de 10 milliards d'euros d'aides publiques, ING voulait garder sa pépite bancaire américaine, ING Direct USA. Mais l'Union Européenne ne l'entendait pas de cette oreille. Mis en vente en avril, ING Direct USA avait suscité l'intérêt de cinq groupes financiers américains. Deux restent aujourd'hui en piste, selon Bloomberg : Capital One, qui a formulé une offre combinant cash et titres, ainsi que General Electric. La compétition permet de valoriser cette pépite, qui dispose de 81 milliards de dollars de dépôts, autour de 9 milliards de dollars, soit 6,5 milliards d'euros. Une belle somme pour ING. D'abord parce que le groupe qui a déjà remboursé 7 milliards d'euros d'aides d'Etat, plus 1,6 milliard de frais, doit encore payer 3 milliards d'euros. Auxquels s'ajoutent 1,5 milliard d'euros de pénalités d'ici mai 2012. Le cash ainsi généré permettra de le faire sans puiser dans les fonds propres, réduits d'un point par le remboursement du mois dernier. Ensuite, outre ses dépôts, ING Direct USA détient 60 milliards de dollars d'actifs liés à des prêts hypothécaires américains. La cession permettra donc de s'alléger de ce fardeau. General Electric, qui veut payer intégralement en cash, discute d'ailleurs avec des partenaires financiers qui reprendraient cette partie de l'activité. Globalement la cession allégera le bilan d'ING de 100 milliards d'euros environ, soit 15% de l'effort total demandé par Bruxelles. Le groupe, qui est train de séparer ses activités d'assurance, ne sera pas dépourvu d'intérêt pour autant. La banque génère les trois quarts de ses profits. Un tiers vient de la banque commerciale et 45% du retail classique, principalement aux Pays-Bas et en Belgique. ING Direct dans son ensemble n'en fournit que 20%. ING, qui dispose de 40 milliards d'euros de fonds propres pour 31 milliards de capitalisation boursière, a donc les moyens de continuer à prospérer avec un bilan allégé et une profitabilité restaurée.
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