Casino, le bon élève à la bonne étoile
L'enseigne de distribution a su stabiliser les ventes et consolider ses finances, grâce à la bonne surprise de Super de Boer. Surtout, Mercialys est l'avantage comparatif du groupe.
S'il n'a pas été le génie visionnaire en Chine, Casino a cependant tout du bon élève méritant. Dans un environnement de consommation très difficile, l'enseigne de distribution a fait le dos rond pour stabiliser ses revenus. Comme ses pairs, des ajustements stratégiques se sont imposés: réduction des coûts, développement des formats de proximité, expansion internationale...
En France, Casino s'est concentré sur ses enseigne de proximité, Leader Price et Franprix, peu coûteuses car développées par le biais de franchises. Ces dernières ont connu un recul en 2009 (-1,4 %), puisque les ménages les plus précaires ont été les premiers touchés. Mais le groupe a su préserver les volumes avec ses marques propres et les MDD (Marques de Distributeurs). Un segment porteur - mais moins rentable -, qui représente déjà plus de 50 % de ses ventes. Seule bouffée d'air: le e-commerce, où Cdiscount - leader dans l'Hexagone - a vu son chiffre d'affaires progresser à deux chiffres l'an passé.
La croissance en 2009, il fallait aller la chercher à l'international, surtout dans les pays émergents. Détenteur de solides positions dans quatre pays (Brésil, Colombie, Thaïlande, Vietnam), Casino n'a pas agi aussi tôt que Carrefour, leader en Chine, mais s'est bien rattrapé. Il fonde aujourd'hui tous ses espoirs sur le Brésil, où il détient plus de 25 % de parts de marché et peut compter sur la vigueur de la consommaton.
Ailleurs, pour inverser la vapeur d'une conjoncture défavorable et de l'application de la loi LME, Casino a intensifié ses plans d'action opérationnels (réduction de coûts et optimisation de la gestion des stocks) et augmenté sa flexibilité financière. Son ambitieux programme de cessions d'actifs (1 milliard d'euros à fin 2010) a reçu un coup de pouce très heureux à l'automne, lorsque Sperwer et Jumbo se sont disputés sa filiale Super de Boer. Au final, une plus-value de 60 millions d'euros et une réduction de 400 millions d'euros de sa dette. Une aubaine méritée.
Car le groupe de Jean-Charles Naouri a surtout réussi la prouesse de maintenir sa marge opérationnelle, passée de 4,9 % à 4,5 %, alors que celle de Carrefour devrait passer de 4 % à 2,9 % cette année, en raison d'une politique tarifaire très agressive. Véritable mastodonte des hypers, ce dernier n'a pas eu d'autre choix que de dégrader sa marge.
La cerise sur le gateau pour Casino, dont rêve Carrefour et ses actionnaires, c'est Mercialys. En cotant sa filiale immobilière en 2005, Mr Naouri a pu valoriser ses actifs immobiliers, aujourd'hui estimés à 2 milliards d'euros en Bourse. Une réserve de liquidités potentielles énorme pour le petit français de la distribution, qui a tout pour devenir grand.
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